Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s’expliquer mercredi sur la conduite de la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d’un conflit qui s’enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump. L’audition porte officiellement sur l’augmentation de 42 % le budget américain de la défense.
Le chef du Pentagone, très critiqué par l’opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d’état-major américain.
Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l’exécutif américain pour le manque d’information qui leur a été fourni, alors qu’il est d’usage que certains d’entre eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense. « Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu’il réponde d’une guerre lancée par choix ».
Six procédures pour démettre Pete Hegseth
La conduite de la guerre par Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, irrite depuis le début les élus de l’opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d’y parvenir.
Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent que l’exécutif américain n’ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement « déclarer » la guerre. Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.
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Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit. Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines.
En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens. La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.
Coût de la guerre et réserve de missiles
Plus d’une dizaine de parlementaires ont aussi demandé la semaine dernière l’ouverture d’une « enquête formelle et immédiate » sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a « induit le public en erreur sur les circonstances de l’attaque ». Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.
Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d’un point de vue strictement budgétaire que sur l’utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d’armements stratégiques.
L’audition de ce mercredi porte officiellement sur la demande de l’exécutif américain d’augmenter de 42 % le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1 500 milliards de dollars en 2027, l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l’Indonésie ou des Pays-Bas.