Cinq mois après la liquidation judiciaire de Brandt, une soixantaine d’anciens salariés des sites de Vendôme (Loir-et-Cher) et Orléans (Loiret) s’accrochent à une dernière branche. Ils ont sollicité Me Fiodor Rilov pour lancer deux actions en justice dans le courant du mois de mai à l’encontre de l’ancien actionnaire, le groupe algérien Cevital, propriétaire jusqu’à fin décembre 2025 des marques françaises Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich.

La première action, « en responsabilité civile contre Cevital », vise à contester son désengagement, tandis que la deuxième procédure, aux prud’hommes cette fois, portera sur les licenciements, que ces ex-salariés estiment abusifs. « La liquidation a eu lieu dans un contexte suspect et nous estimons qu’elle aurait pu être évitée si Cevital ne s’était pas retiré de cette manière », justifie Me Fiodor Rilov.

Les ex-salariés, qui ont reçu leurs courriers de licenciement entre Noël et le Jour de l’An, quelques jours seulement après le refus de la reprise de l’entreprise en Scop, se demandent notamment s’ils n’ont pas été les victimes collatérales de la dégradation des relations entre la France et l’Algérie. « Nous avons vécu cet arrêt brutal de la production comme une grande injustice. Malgré les mesures d’accompagnement, les job-dating (mis en place par la région Centre-Val de Loire et France Travail), et les promesses d’embauche d’autres employeurs de la région, de nous sommes nombreux à pointer au chômage encore aujourd’hui», raconte un ancien ouvrier de Saint-Jean-de-la-Ruelle, qui hésite encore à saisir la justice.

Aucun espoir de reprise de la production à Orléans

« J’aimerais surtout oublier cette période, l’une des plus sombres de ma vie, mais je n’arrive pas à ne plus y penser. Quand on a plus de quinze ans d’ancienneté dans une boite, comme moi chez Brandt, c’est d’une partie de votre vie qu’on se sent dépossédé ! » dit encore ce salarié. Comme lui, d’autres anciens salariés, qui ont perdu tout espoir dans une relance de la production dans le Centre-Val de Loire, pourraient se raccrocher au wagon de cette procédure. Plusieurs réunions sont programmés à cette fin.