C’est une règle presque immuable. Sur la Côte d’Azur, les plus belles demeures de bord de mer sont souvent des hôtels de grand luxe ou des maisons privées et barricadées, pas vraiment accessibles au grand public. Mais, à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), la villa Kérylos fait figure d’exception.
Perché sur un promontoire rocheux, les fondations presque dans l’eau, cet édifice, qui n’est pas le plus connu de la région avec jusqu’à 60 000 visiteurs par an, écrit une nouvelle page d’une longue histoire lancée par sa construction en 1908 et son classement au titre des Monuments historiques en 1966.
LP/Matthias Galante
« Faire vivre un peu plus ce lieu confidentiel »
Précédemment géré par le Centre des Monuments Nationaux, le site est depuis peu passé entre les mains du groupe Aura (ex-Edeis Culture) spécialisé dans la gestion déléguée de bien culturels et touristiques tels que tels que le Théâtre antique d’orange, les Arènes de Nîmes et la Cité de la Mer à Cherbourg-en-Cotentin.
Une petite révolution de palais qui entend cependant préserver l’esprit et le calme de ces lieux voulus, à son origine, comme une ode vraiment très spectaculaire à la Grèce antique par Théodore Reinach, un passionné de culture hellénique et son architecte Emmanuel Pontremoli.
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« On est contraint à une jauge de 200 personnes maximum. Il n’est pas question d’augmenter le nombre de visiteurs », souligne la directrice Agnès Marandon qui lance cependant plusieurs initiatives pour faire vivre un peu plus ce lieu confidentiel et donner « envie d’y revenir aux locaux ».
A savoir, des séances de ciné en plein air cet été sur la magnifique petite terrasse sur l’eau, des nocturnes, une exposition de sculptures dès fin main de plus en plus de privatisations ou un audioguide en sept langues compris dans le prix du ticket…
LP/Matthias Galante
Quoi qu’il en soit, cette propriété de l’Institut de France, qui a connu son heure de gloire médiatique l’an dernier en participant au concours du « Monument préféré des Français », reste un ovni culturel.
Le meilleur des arts et codes de l’époque
La Villa Kérylos n’est pas un pastiche des habitations de la Grèce antique mais une utopie en prenant le meilleur des différents arts et codes de l’époque (et en y ajoutant le chauffage et l’électricité du XXe siècle). Son péristyle aux colonnes en marbre de Carrare et son laurier centenaire, autour duquel sont distribuées les 1 700 m2 de surface au sol recouverts d’extraordinaires mosaïques, ne peuvent que surprendre le visiteur dont de nombreux scolaires qui viennent y réviser leurs gammes.
Les 280 meubles sur-mesure, montés sans aucun clou mais avec des chevilles en ivoire, les bancs pour manger allongés, les thermes, les baignoires d’une tonne aux pieds griffus, le splendide salon, les fresques, les jardins et ce rooftop visible uniquement lors des trois visites guidées quotidiennes récemment mises en place, sont également remarquables.