La course à l’Élysée s’annonce mouvementée pour le Rassemblement national. Le parti d’extrême droite, toujours dans l’attente du jugement de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, n’a toujours pas trouvé, à un an de l’élection présidentielle 2027, une banque pour emprunter les fonds nécessaires afin d’organiser la campagne électorale.

« Nous faisons le tour des banques françaises », a déclaré auprès de BFMTV ce mercredi 29 avril Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée nationale et vice-président du parti. « Qui peut accepter que le premier parti de France (…) ne puisse pas se financer ? Sincèrement, c’est totalement indécent dans une démocratie comme la France », lance le député du Nord.

Jusqu’à 10,6 millions d’euros remboursés

La période de financement de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2027 a débuté le 1er avril 2026, annonçait il y a quelques semaines la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Cette source rappelle que, comme le prévoit la loi, les plafonds de dépenses autorisés s’élèvent à 16,851 millions d’euros pour les candidats présents au premier tour et à 22,509 millions d’euros pour les deux candidats présents au second tour.

La limite de remboursement est fixée en fonction des scores des candidats : 10 691 775 euros pour les candidats qualifiés au second tour, 8 004 225 euros pour ceux éliminés au premier tour avec plus de 5 % des voix. Les candidats ayant obtenu moins de 5 % des suffrages ont eu un plafond fixé à 800 423 euros. À noter que pour bénéficier du remboursement, les candidats doivent voir leurs comptes être validés par la CNCCFP.

« La démocratie, ça a un coût », avance Sébastien Chenu, qui appelle Gabriel Attal et Édouard Philippe à « demander aux banques françaises de financer tous les candidats à l’élection présidentielle ».

« C’est une responsabilité des pouvoirs publics »

Sur RTL, quelques minutes plus tôt, Daniel Baal, président du Crédit mutuel et président de la Fédération bancaire française, estimait que la situation dans laquelle se retrouve au RN est « un problème ». Sans pour autant annoncer un prêt au parti d’extrême droite.

« C’est une responsabilité des pouvoirs publics. Le financement de la vie démocratique, in fine, c’est bien l’État qui le fait. Alors pourquoi avoir besoin d’anticiper autrement par un prêt bancaire qui est un risque très particulier ? » déclarait Daniel Baal. « Je ne dis pas aujourd’hui aux banques françaises : Faites des prêts pour les candidats ».

Des propos jugés « très problématiques » par Marine Le Pen. « Puisque, à part les dons (limités par ailleurs), seules les banques (européennes) peuvent financer une campagne présidentielle. Les prêts de particuliers ne peuvent pas financer une campagne présidentielle », rappelle-t-elle sur X, avant de demander : « Donc, on fait quoi ? ».