« Meat Me in Paradise », de Massimo Furlan, en répétition au Théâtre Vidy-Lausanne, en Suisse, le 21 avril 2026. PIERRE NYDEGGER

C’est en Suisse, au Théâtre Vidy-Lausanne, que vient d’être lancée la saison printemps-été des festivals de spectacle vivant. Déclinée sur deux week-ends, la manifestation Tempo forte embrasse théâtre, danse, performance sans se gâcher dans un trop-plein de propositions. Six au total et, pour plusieurs d’entre elles, une préconisation impérieuse : la (re)connexion à la nature et aux espèces vivantes avec lesquelles l’humain cohabite est un impératif.

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Ce postulat fédère des artistes qui combattent la dureté des temps actuels avec la vigueur d’un Thésée affrontant le Minotaure. Le détour mythologique ne doit ici rien au hasard : la création phare du festival, Thésée, sa vie nouvelle, d’après le roman de Camille de Toledo (Verdier, 2020), relie, quant à elle, un écrivain aux traumas passés de sa généalogie familiale. Magnifiquement joué par Valérie Dréville, que met en scène avec virtuosité Guy Cassiers, ce spectacle ira à Avignon en juillet.

Le besoin commun de reconnexion à l’autre et à soi-même agrège des formes hétéroclites plus ou moins convaincantes mais qui, toutes, bousculent le cadre des représentations. Qu’ils se tiennent en plein air (Alouettes - Pièce de champ), qu’ils relèguent l’acteur au second plan derrière la présence animale (Le Cheval qui peint) ou convoquent des experts venus de la société civile (Meat Me in Paradise), les gestes artistiques n’ont rien de révolutionnaire. En revanche, ils ont le mérite d’alerter sur la possibilité de voies de traverse. Le théâtre se cherche des pistes d’envol alternatives. Sans doute est-ce à la condition d’être plus que jamais du côté des marges et non des autoroutes qu’il parviendra à créer des brèches dans les consciences et à éveiller des citoyennetés militantes.

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