Il n’a pas été le personnage central de ce match dingue, loin de là. Ballotté entre les deux surfaces au gré des attaques supersoniques des deux équipes, le Suisse Sandro Schärer, arbitre de la sublime demi-finale aller de Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich (5-4), n’est pas l’homme que l’on retiendra ce mardi soir. Certaines de ses décisions ont malgré tout été scrutées, voir critiquées, notamment sur les deux pénaltys accordés.

16e, Pacho tacle Diaz

Le premier est intervenu dès la 17e minute. Après s’être infiltré dans la surface, Luis Diaz s’est écroulé face au tacle de Willian Pacho, poussant l’arbitre a désigné le point de pénalty. Une phase qui a fait réagir puisque, si l’Équatorien ne touche pas le ballon, la jambe de l’attaquant colombien semble chercher le contact avec le défenseur pour obtenir le pénalty.

« Ce n’est pas une faute. Luis Diaz ouvre sa jambe vers l’espace du défenseur du PSG pour provoquer le contact, estime l’ancien arbitre international Fernando Guerrero sur X. Observez comment il lance sa jambe droite. Le VAR aurait dû appeler l’arbitre. » Un avis partagé par l’ancien officiel espagnol Eduardo Iturralde Gonzalez, consultant pour Cadena Ser : « Je pense que Luis Diaz cherchait le contact. Pour siffler un pénalty, c’est très léger. Diaz se met dans la zone de Pacho, c’est plus une faute de l’attaquant que du défenseur ».

« Pour moi, il y a pénalty, nous confie de son côté l’ancien arbitre international Saïd Ennjimi, consultant pour La Chaîne L’Équipe. Je considère que Pacho déséquilibre Luis Diaz qui, dans le mouvement, touche la jambe de Pacho. Mais à mon avis, la première faute est celle du Parisien. Il n’y a aucune agressivité, ça a d’ailleurs été un match exceptionnel de ce point de vue là, mais il déséquilibre le Bavarois, donc pénalty. »

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45+2, la main de Davies

Une demi-heure plus tard, juste avant le retour aux vestiaires, c’était au tour des Parisiens d’obtenir un pénalty. Isolé sur la droite, Ousmane Dembélé a tenté d’adresser un centre dans la surface mais celui-ci a été bloqué par le bras d’Alphonso Davies. Si Sandro Schärer n’a initialement pas bronché, l’arbitre a été appelé par le VAR et a changé sa décision, au grand dam des Bavarois qui jugeaient que leur latéral gauche n’avait pas commis de faute, ses mains étant dans le dos juste avant qu’il ne se retourne et heurte le ballon.

Le débat reste toutefois entier. Selon l’ancien arbitre allemand Lutz Wagner, interrogé par Kicker, la décision est « correcte » puisque « le bras gauche s’étend et augmente la surface corporelle ». Selon Thierry Henry, consultant sur CBS Sports, la décision est « une erreur énorme au niveau de la Ligue des champions ». « Ce n’est tout simplement pas une main, jamais », s’est exclamé l’ancien international français.

« Je le trouve très sévère ce pénalty, tranche Saïd Ennjimi. Davies a les mains dans le dos et, dans un mouvement naturel pour se protéger parce que Dembélé va centrer, il se retourne et détache ses mains. Il n’y a pas de volonté d’augmenter sa surface corporelle, je ne vois qu’un mouvement naturel. Et le deuxième paramètre, c’est que l’attaquant du PSG est très proche de Davies, c’est difficile pour le défenseur de retirer ses bras. »

51e, Kvaratskhelia s’écroule

En début de deuxième mi-temps, une troisième phase litigieuse a suscité des débats nourris. Parti comme une fusée dans le dos de la défense, Khvicha Kvaratskhelia était stoppé dans sa tentative de frappe par le pied de de Dayot Upamecano. Pas de faute toutefois pour l’arbitre, ni pour le VAR qui ne l’a pas appelé pour visionner les images.