Le ministre des affaires étrangères saoudien, Fayçal Ben Farhan Al Saoud, et le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères des Emirats arabes unis, Abdallah Ben Zayed Al Nahyane, à la veille d’une réunion extraordinaire du Conseil de coopération du Golfe, à Djedda, en Arabie saoudite, le 28 avril 2026. SAUDI PRESS AGENCY VIA REUTERS
Un prince manquait sur la photographie, mardi 28 avril, auprès du Saoudien Mohammed Ben Salman à Djedda, en Arabie saoudite. Son ancien mentor, le leader émirati Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, dit « MBZ », s’était dispensé d’assister à la réunion du Conseil de coopération du Golfe, censée démontrer la solidarité des monarchies arabes autour du prince héritier saoudien, au sortir de la guerre américano-israélienne en Iran, qui leur a tant coûté.
« MBZ » avait dépêché son frère Abdallah, ministre des affaires étrangères, pour assumer le contrecoup de l’annonce. Celle-ci est tombée en pleine ouverture du sommet : les Emirats se retirent de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), sur lequel Riyad a la haute main. Abou Dhabi tire ainsi les premières leçons du conflit : il refuse de serrer les rangs. Relançant sa dispute avec le royaume saoudien, qui a éclaté au grand jour en décembre 2025, mais avait été mise en sourdine par la guerre, il assume de faire cavalier seul, au risque d’ouvrir une guerre des prix du brut.
Ce retrait est une seconde déclaration d’indépendance pour Abou Dhabi, l’un des principaux producteurs du cartel. Le père de « MBZ », cheikh Zayed, avait rejoint l’OPEP dès 1967, quatre ans avant de fonder les Emirats arabes unis, fédération de sept principautés côtières. Ce geste « sape non seulement l’OPEP, mais met en évidence le fait que, loin de rassembler les gouvernements du Golfe, la guerre en Iran ne fait que les diviser davantage », écrit l’historien Toby Matthiesen, de l’université de Bristol (Royaume-Uni), sur le réseau X.
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