Il aura fait du bien au moral, ce soleil. Pendant tout le mois d’avril, Paris aura pu compter sur un ciel bleu presque tous les jours. De quoi ravir ses habitants, qui n’attendaient que ça pour se retrouver en terrasses ou au bord des quais après l’hibernation hivernale.
Mais ces journées ensoleillées si tôt dans l’année cache surtout une réalité qui nul ne doit ignorer : le changement climatique. Avec, comme conséquence directe, une pluviométrie en berne. Il n’avait tout simplement pas aussi peu plu à Paris lors du quatrième mois de l’année depuis 19 ans.
Seulement deux jours de pluie
En effet, seuls 6,4 petits millimètres d’eau sont tombés sur la capitale ce mois-ci. Surtout, la moitié de ces précipitations ont eu lieu le 1er avril, avant 1,8 mm deux jours plus tard. Depuis, Paris n’a pas connu un seul jour de pluie significatif (c’est-à-dire avec plus d’un millimètre de précipitation).
Au vu des prévisions pour le dernier jour du mois, on peut l’affirmer : avril 2026 est tout simplement le quatrième plus sec depuis le début des relevés pluviométriques à Paris, en 1873. Depuis plus de 150 ans donc, seuls trois mois d’avril ont connu moins de pluie, à savoir ceux de 1954, 2007 et 1893 (respectivement 5,2 mm pour les deux premières années et 0,3 pour le dernier).
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Depuis 2000, Paris connaît en moyenne 40 mm de précipitation en avril. 33 en 2025, 63 en 2024, 65 en 2023, 56 en 2022… La capitale est donc habituée aux avrils pluvieux ces dernières années, exception faite pour 2007 donc et 2011 (8 mm).
Mais cette année, elle a connu une baisse des précipitations de 86 % par rapport aux normales de saison depuis 1991 (45,8 mm). « Et Paris n’est pas un cas unique ! En avril, un anticyclone s’est bloqué sur toute l’Europe de l’Ouest. Ce qui fait que les perturbations ont été repoussées plus au Nord. D’ailleurs, la partie Sud de la France a eu plus de pluie que le Nord », rappelle Christine Berne, climatologue pour Météo France.
« Les choses se remettent en marche »
Cette période sans pluie va prendre fin rapidement. En effet, les premières gouttes sont attendues dans la capitale à partir de dimanche. « Il pleut déjà en Auvergne-Rhône-Alpes Rhône-Alpes, les choses se remettent en marche. Puis ce sera au tour de la Bretagne et de la région parisienne. Ces précipitations, on les attend ! », espère Christine Berne, qui qualifie l’épisode d’avril de « rare, mais pas forcément inédit ».