CritiquePour sa 4e édition, la manifestation se déploie dans une quinzaine de lieux à travers la ville et une cinquantaine d’expositions d’artistes de toutes époques.

« Je ne sais pas si vous avez remarqué, dans les salons de dessin, les gens regardent de très très près. Parce que ce qui est intéressant, très souvent, c’est le détail », relève Marin Karmitz. On connaissait la passion du producteur et fondateur des cinémas MK2 pour l’art, en particulier pour la photographie, mais on ignorait que sa collection de dessins était si importante. Lui-même a d’ailleurs porté un œil nouveau sur cette dernière en venant découvrir celle d’Antoine de Galbert, en 2025, au Festival du dessin d’Arles.

Lire la critique (en 2025) : Article réservé à nos abonnés Dans la ville d’Arles, le dessin prend des formes inattendues et excitantes Lire plus tard

L’homme de cinéma y présente ainsi cette année « Et la vie continue… » dans une splendide scénographie cinématographique à l’église Sainte-Anne. D’études de corps par Ingres ou Géricault, en passant par des gravures de Goya et le fracas du monde, l’exposition se termine par trois dessins qui apparaissent comme les points de suspension du titre, conclusion d’un ressenti personnel sur le cours du monde : un chêne mort par Otto Dix (1891-1969), un vieil homme la tête entre les mains par Ferdinand Hodler (1853-1918) et une composition à l’encre on ne peut plus minimale par Joan Miro (1893-1983).

« Le public ne vient pas forcément ici pour trouver les grands noms de l’art contemporain, mais plus pour fureter, glaner », assure Frédéric Pajak, le directeur artistique du festival, qui fête son 4e printemps à travers la ville, dans les pas des Rencontres, grand rendez-vous estival qui a transformé Arles en capitale internationale de la photographie. Comme son aîné, le Festival du dessin occupe pour un mois une multitude de musées, églises et espaces en tous genres, mais de manière moins spectaculaire, en se cantonnant au centre-ville. Et s’adresse avant tout à un public de curieux, à l’image du détonnant parrain de cette édition, Eric Cantona, ex-footballeur, fils de peintre provençal et passionné d’art.

Il vous reste 67.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.