Des rebelles touareg du Front de libération de l’Azawad à Kidal, au Mali, le 26 avril 2026. ABDOLLAH AG MOHAMED/AFP
Les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont l’intention de prendre le contrôle des régions maliennes de Gao, Tombouctou et Ménaka, dans le nord du pays, a affirmé, mercredi 29 avril à l’Agence France-Presse (AFP), leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane. « Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudenni était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Ménaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer », a-t-il déclaré lors d’un passage à Paris.
Les paramilitaires russes de l’Africa Corps doivent aussi se retirer, selon ce responsable touareg : « Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l’Azawad [nord du Mali] et, au-delà, de tout le Mali. » « Toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées », assure Mohamed Elmaouloud Ramadane.
Ses messages font écho à celui diffusé, mardi, par Bina Diarra, un des porte-parole du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), qui a déclaré : « A partir d’aujourd’hui, nous bloquons Bamako (…). Personne n’y entrera plus » jusqu’à nouvel ordre.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Mali, djihadistes et indépendantistes accentuent la pression sur la junte : « A partir d’aujourd’hui, nous bloquons Bamako » Lire plus tard
Après plusieurs jours d’absence et de mutisme, le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, s’est adressé à la nation sur l’ORTM, la chaîne publique, mardi soir : « Le plan funeste de l’ennemi a été déjoué avec la neutralisation d’un nombre important d’assaillants », a-t-il déclaré, assurant que « la situation [était] maîtrisée ». M. Goïta a toutefois reconnu une situation d’« extrême gravité ». Il a appelé la population à un « sursaut national » et à « s’ériger contre la division et la fracture nationale ». « Le Mali a besoin de lucidité et non de panique », a-t-il insisté.
Plus tôt mardi, le général Goïta a reçu l’ambassadeur de Russie dans le pays. Les deux parties ont évoqué la situation actuelle. L’ambassadeur, Igor Gromyko, a « réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme », assurant que la Russie serait « toujours l’amie du Mali », selon un communiqué de la présidence.
Lire aussi | Mali : la Russie veut que le pays retrouve sa stabilité « au plus vite » ; la situation sur place reste confuse Lire plus tard
Quitter temporairement le Mali « dès que possible »
Après les attaques coordonnées menées ce week-end par les groupes djihadistes et indépendantistes touareg, la France recommande à ses ressortissants de quitter temporairement le pays : « Après les attaques du samedi 25 avril dans plusieurs localités du pays, dont Bamako, la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile », écrit le ministère des affaires étrangères dans un avis aux voyageurs mis à jour, rappelant qu’il « reste formellement déconseillé de se rendre au Mali, quel que soit le motif. Il est recommandé aux ressortissants français de prévoir un départ temporaire du Mali dès que possible par les vols commerciaux encore disponibles ».
L’ampleur et la portée de l’offensive menée dans plusieurs villes du Mali ont démontré une capacité de coordination sans précédent de combattants issus de différents groupes et poursuivant des objectifs divergents.
« Dans ce contexte évolutif, les ressortissants français encore présents au Mali sont vivement incités à demeurer chez eux et à rester au contact de leur famille et de leurs proches, en les tenant régulièrement informés, écrit le Quai d’Orsay. S’ils doivent se déplacer, ils sont appelés à faire preuve de la plus grande prudence. » Selon des données 2025 du ministère des affaires étrangères, 4 198 Français sont inscrits au registre consulaire au Mali.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Mali, djihadistes et indépendantistes accentuent la pression sur la junte : « A partir d’aujourd’hui, nous bloquons Bamako » Lire plus tard