Les nouvelles d’Elio sont encourageantes : le petit garçon de 4 ans atteint d’une leucémie rare et agressive est en rémission. Mais son combat n’est pas encore gagné. Pour guérir définitivement, il a besoin d’une greffe de moelle osseuse. Malgré l’appel au don largement relayé sur les réseaux sociaux, aucun donneur compatible n’a été trouvé à ce jour, regrette son père, Thomas, qui relance un appel à la mobilisation, notamment auprès des jeunes hommes.
Attente « très longue » et « angoisse permanente »
« Aujourd’hui, ça va. On sort de l’hôpital pour une chimio d’entretien », raconte le père de famille éprouvé. Il le sait : l’état de santé de son enfant reste précaire. « Ses niveaux sanguins sont redevenus corrects. Mais il faut entretenir avec des chimios. Ce sont des traitements qui sont très lourds. Il vient de passer deux jours allongé. Et tant qu’il n’est pas greffé, ça va continuer comme ça ».
Car la greffe de moelle osseuse est « le seul traitement permettant une guérison durable ». D’ici là, l’attente pour ses parents est « très longue » et l’angoisse « permanente ».
Il y a plus d’un mois, Juliette et Thomas ont pris les devants, en lançant un appel au don sur les réseaux sociaux. Il a largement été relayé, y compris par des personnalités influentes et jusqu’au président de la République qui l’a republié en story sur Instagram. L’Agence de la biomédecine, en charge de la gestion du registre national des donneurs volontaires de moelle osseuse, a enregistré plus de 66 000 demandes de préinscription sur le site dondemoelleosseuse.fr en lien avec cette mobilisation exceptionnelle.
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Difficultés logistiques
Cet engouement a mis en lumière les difficultés logistiques des envois de kits de prélèvement pour pouvoir devenir donneur. « Ça suit, mais pas assez vite », regrette le père d’Elio. « J’ai reçu des dizaines de messages de personnes qui n’ont pas reçu leur kit, alors que ça fait plus d’un mois qu’elles sont inscrites », ajoute-t-il.
« À ce jour, près de 30 000 dossiers avec kits salivaires ont déjà été envoyés aux personnes préinscrites en ligne », nous explique l’Agence de la biomédecine qui indique avoir envoyé, avec les centres donneurs CHU et EFS, autant de dossiers/kits salivaires au premier semestre 2026 que sur une année entière d’activité. « En période de fort afflux de demandes, comme actuellement, les délais sont temporairement allongés, précise-t-elle. Or, il est très important de rappeler que ce délai de traitement ne se fait pas au détriment des malades. »
Le don de moelle osseuse est en effet un engagement sur le long terme. « On s’inscrit sur le registre pour, un jour peut-être, faire un don pour une personne qu’on ne connaît pas mais avec laquelle on sera compatible, en moyenne 4 ans après son inscription », ajoute l’Agence.
Des profils de jeunes hommes recherchés en priorité
Sur les 436 000 donneurs volontaires inscrits, environ 66 % sont des femmes. Et la majorité des préinscriptions reçues ces dernières semaines émanent de femmes âgées de 30 à 35 ans. Mais les profils les plus recherchés sont des hommes, idéalement âgés de 18 à 25 ans.
Des personnes jeunes en priorité parce que leurs greffons de moelle osseuse sont plus riches en cellules souches hématopoïétiques qui facilitent la prise de greffe pour les malades. Des hommes pour des facteurs immunologiques.
« Les anticorps développés naturellement par les femmes lors d’une grossesse, même si elle n’est pas menée à terme, peuvent complexifier les suites de la greffe pour le receveur », précise l’Agence de la biomédecine. Les hommes étant dépourvus de ces anticorps, leurs cellules de moelle osseuse favorisent les chances de réussite de la greffe.
En l’absence de donneur compatible, les parents d’Elio cherchent à mobiliser largement. « Je lance un appel aux hommes, aux jeunes papas, pour qu’ils s’inscrivent. Parce que ce qui nous arrive peut arriver à tout le monde », rappelle-t-il.