Le débat de la taxation des profits pétroliers revient. Sébastien Lecornu a appelé ce mercredi TotalEnergies à « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses éventuels profits « exceptionnels » liés à la flambée des prix des hydrocarbures.
« S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution », a déclaré le Premier ministre, qui était interrogé au Sénat par le président du groupe socialiste Patrick Kanner. « Il faut bien que TotalEnergies se positionne d’une manière ou d’une autre sur une manière de redistribuer (…) », a ajouté le chef du gouvernement.
Sébastien Lecornu a par ailleurs annoncé que « chaque euro de surplus de fiscalité » engendré à la pompe sera « affecté aux mécanismes d’aides directes » mis en place par le gouvernement.
???? Conséquences du choc pétrolier@PatrickKanner (@SenateursPS) interpelle @SebLecornu : “Quelles mesures structurelles allez-vous enfin prendre pour que le travail paye en France et que les plus modestes n’aient pas à choisir entre l’essence et la nourriture ?”#QAG pic.twitter.com/TkTlyFhuI9 — Sénat (@Senat) April 29, 2026
En pleine guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies a publié la même journée des bénéfices en très forte hausse au premier trimestre. Le groupe français, 4e compagnie pétrolière occidentale en chiffre d’affaires, fait encore mieux que début 2022 dans la foulée du déclenchement de la guerre en Ukraine.
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Le bénéfice trimestriel du géant pétrogazier a ainsi bondi à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), en hausse de 51 % sur un an, illustrant sa « capacité à capturer la hausse des prix », a déclaré son PDG, Patrick Pouyanné, dans un communiqué.
« Total profite de la guerre »
Fort de ces performances, le groupe a décidé de gratifier ses actionnaires avec un dividende en hausse 5,9 %, à 0,90 euro par action contre 0,85 euro jusqu’ici. C’est la « plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières », s’est-il félicité, déclenchant des réactions ulcérées de la gauche et d’associations environnementales.
« Total profite de la guerre pour faire exploser ses bénéfices », a dénoncé l’Insoumise et vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, tandis que Greenpeace France a évoqué une « logique cynique » alors que « les ménages paient le prix fort à la pompe ».
« Tout pour les actionnaires », a aussi fustigé François Ruffin (Debout !), ex-Insoumis. Les socialistes ont eux annoncé leur intention de déposer une proposition de loi dès mercredi afin de taxer « les superprofits des profiteurs de crise ».
Depuis quelques semaines, l’envolée des prix des hydrocarbures a relancé le débat en Europe sur la taxation des superprofits pétroliers, idée à laquelle le Premier ministre disait début avril ne pas avoir « d’objection de principe ».