Le grand banquet de « canonniers » planifié par le Canon Français à Quimper (Finistère), le 5 décembre au parc des expositions, n’est pas du goût de tous. Les quelques milliers de Bretons intéressés par le menu, composé de spécialités locales, charcuterie à gogo, cochon sous toutes ses formes, vins et autres mets, à raison d’un kilo de nourriture par personne, petits estomacs s’abstenir, chanteront-ils en chœur des chansons françaises et bretonnes, attablés au milieu d’autres fêtards ? C’est le concept originel de ces gigantesques banquets.
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Ça paraît compromis puisque la municipalité s’y est totalement opposée malgré l’ouverture de la billetterie depuis quelques semaines. Plus de 1 200 places ont néanmoins déjà été vendues et la billetterie sur le site des organisateurs n’a pas été stoppée. Chaque place est vendue 79,99 €.
L’agglomération Quimper Bretagne Occidentale, présidée par la maire de la ville, Isabelle Assih, vient d’en suspendre l’organisation, justifiant sa décision par les risques de troubles à l’ordre public. Les Bretons qui aiment ripailler risquent fort de ne pas assister à cet événement dont les organisateurs seraient proches de l’extrême droite et particulièrement du milliardaire, Pierre-Edouard Stérin, qui serait actionnaire minoritaire du Canon Français.
L’entrepreneur français Pierre-Edouard Stérin est connu pour ses engagements politiques actifs à l’extrême droite. Mais il ne se serait jamais impliqué dans les banquets organisés chaque année dans des régions françaises, ni au sein du Canon Français, selon les fondateurs, Pierre-Alexandre de Boisse et Géraud de la Tour qui affirment n’avoir jamais rencontré l’homme d’affaires.
Des débordements inacceptables à Caen
Pour le banquet quimpérois, les transactions ont été conclues entre les organisateurs et la société publique locale qui gère le parc des expositions pour l’agglomération, des arrhes ayant déjà été versées. Mais la maire n’en a eu connaissance qu’une fois l’organisation bien avancée, et le menu quasiment élaboré.
C’est suite aux débordements lors du banquet de Caen (Calvados) le samedi 18 avril dernier, avec saluts et chants nazis de certains participants, qu’elle a décidé la suspension du banquet breton, craignant d’autres troubles similaires dans la capitale de la Cornouaille.
Mais les organisateurs ne l’entendent pas de cette oreille et, pour le moment, n’ont pas annulé l’événement. S’il s’avérait que le banquet ne peut se tenir à Quimper, il va être compliqué pour les organisateurs de trouver un autre lieu en Bretagne. L’événement avait déjà été annulé en octobre dernier à Piré-Chancé en Ille-et-Vilaine par peur de désordres.