« Il est hautement probable que des utilisateurs français y participent ». Un mois après l’enquête de CNN sur l’existence de plates-formes en ligne, où des hommes s’échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe, La Fondation des femmes et l’association « M’endors pas » ont demandé à la justice française, ce mardi, d’ouvrir une enquête préliminaire, selon un communiqué commun.

Fin mars, le média américain CNN a publié une vaste enquête sur l’existence de plates-formes, notamment des sites pornographiques et des canaux de discussion, où des hommes échangent des conseils pour droguer leur conjointe, les violer alors qu’elles sont inconscientes, filmer ces violences et en partager les images. Un phénomène qualifié d’« académie mondiale du viol ».

« Nous ne sommes pas face à des dérives isolées, mais à des crimes organisés »

Parmi les plates-formes citées par CNN, Motherless, un site pornographique qui a enregistré 62 millions de visites sur le seul mois de février. La plate-forme héberge plus de 20 000 vidéos de viols de femmes endormies ou soumises chimiquement, aussi appelé « sleep porn ».

Mais Motherless, comme les autres plates-formes, sont « accessibles depuis la France, et au regard d’affaires récentes comme celle de Gisèle Pelicot, il est hautement probable que des utilisateurs français y participent et que des victimes en France soient concernées », estiment les deux associations féministes dans un communiqué commun.

À voir aussi

« Ces pratiques peuvent être caractérisées d’infractions majeures : viols aggravés, soumission chimique, diffusion d’images sexuelles sans consentement », soulignent la Fondation des femmes et M’endors pas, une association cofondée par Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, qui avait été droguée et livrée par son époux à des dizaines d’inconnus pendant près de 10 ans.

« Nous ne sommes pas face à des dérives isolées, mais à des crimes organisés, au sein de véritables communautés qui encouragent et structurent la violence », dénoncent-elles. « La France ne peut plus tolérer que ces espaces existent sans réaction à la hauteur ».