Projeté à Cannes l'an passé, le nouveau film de la Britannique Lynne Ramsay sort enfin dans les salles françaises ce mercredi. Mais la presse le juge globalement "boursouflé" et trop lacrymal.

Le drama pour le drama, ce n'est pas si chic. C'est même parfois balourd. C'est peu ou prou ce que pense la presse tricolore, sceptique face au cinquième long-métrage très sombre de la Britannique Lynne Ramsay (We need to talk about Kevin, A Beautiful Day...), en salles ce mercredi 29 avril.

Porté par les deux étoiles hollywoodiennes Jennifer Lawrence et Robert Pattinson, Die, My Love, adapté d’un roman argentin d'Ariana Harwicz, raconte le combat d'une mère contre sa cruelle petite voix intérieure, un compagnon négligent, l'asphyxie domestique, la folie et les affres du post-partum. Si le film a été sélectionné en compétition à Cannes l'an passé - catégorie la plus prestigieuse du festival -, il y a été l’un de ceux "les moins bien accueillis", rappelle Libération.

Et pour cause, le film ploie sous les "boursouflures" et la "surenchère". En fait des "tonnes" et "s'enlise dans les clichés" pour Télérama. "Sur le thème de la femme d’intérieur mal surveillée, Die My Love s’enlise en compulsant un stock de figures existantes, des flammes de la sorcière de sabbat à la satire des ménagères de bourgade", insiste Libération.

Emprisonnés dans leur désespoir

Les Inrocks, eux, parlent d'un "pudding d’agressions surmixées" et d'un traitement de la folie "agressif" et "épuisant", tandis que Le Parisien regrette que la réalisatrice ait demandé à son actrice de "forcer sur l’outrance, la rage et les hurlements de cette femme affrontant une interminable et terrible crise post-partum".

À Première, on regrette surtout que les personnages soient regardés de loin et emprisonnés dans leur désespoir: "Lynne Ramsay enferme d’emblée Jennifer Lawrence et Robert Pattinson dans une bicoque à la campagne." La mise en scène tombe elle aussi à plat: "(Elle) se voudrait brutale mais baigne en réalité dans l'afféterie: travail sur le son trop étudié, musiques additionnelles trop à propos, points de tensions trop attendus et allégories trop pubardes".

La petite info Culture : Le nouveau Batman avec Robert Pattinson - 02/03 1:35

Pire encore, le long-métrage semble être une épreuve pour le spectateur aux dires de plusieurs journaux, comme Le Parisien pour qui Die, My Love "tape rapidement sur le système". Les Inrocks, eux, décrètent: "Lynne Ramsay se figure (...) qu’elle doit, pour nous donner à ressentir ce que traverse son héroïne, nous rendre son film tout aussi pénible". Au Huffpost, on avoue avoir eu envie de quitter la salle.

Die, My Love passe donc à côté de son sujet selon Le Parisien tant "il voudrait glorifier le féminin mais focalise, à coups de marteau-piqueur, sur les furieuses intempérances de son personnage principal".

Jennifer Lawrence, au-dessus de la mêlée?

Libération sauve néanmoins, et timidement, la "mélancolie d’un portrait de femme incompris". "Le film intrigue quand il laisse se demander, sans réponse certaine, ce que Jackson (joué par Robert Pattinson) peut bien vouloir à sa femme en cherchant à se réconcilier à tout prix, l’amour ou le conformisme?", questionne le journal, qui apprécie également l'"opaque blondeur" et les nouvelles "couches de lassitude" du jeu de Jennifer Lawrence.

Sur le même sujet "Hunger Games": Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson vont faire leur retour dans la franchise

De même, Le HuffPost, Première et Le Monde louent la performance de l'actrice qui "trouve là un de ses meilleurs rôles". Plus enthousiaste encore que ses comparses, Le Monde applaudit le "flou fantomatique" du film, "dans une logique proche de la rêverie", le personnage de la mère qui "n’a renoncé en rien à ses désirs" et qui "rend la normalité des autres suspecte" ou encore "la ballade désenchantée d’un enfermement", non loin du génial univers de Sofia Coppola.