Catherine Pégard a jugé ce mercredi qu'il était "légitime de s'interroger sur la rupture du lien entre les auteurs et leur maison d'édition" en cas de changement de la politique éditoriale, comme le demandent des écrivains publiés par Grasset.
La ministre a souligné, lors des questions au gouvernement au Sénat, "l'émotion" provoquée par les "bouleversements" chez Grasset, "dont le prestige est inscrit dans notre histoire littéraire", à la suite du limogeage de son PDG Olivier Nora par la direction d'Hachette, groupe contrôlé par Vincent Bolloré.
"Les grands éditeurs font les grands auteurs parce qu'ils les voient naître et accompagnent leurs talents. Ils font la grandeur et la qualité des maisons d'édition", a-t-elle ajouté. "Le pluralisme de celles-ci, l'indépendance des éditeurs, sont la garantie de la liberté des écrivains", selon la ministre.
"Il est donc légitime", a estimé Catherine Pégard, "de s'interroger sur la rupture du lien entre les auteurs et leurs maisons d'édition quand la politique éditoriale est brutalement modifiée". "Il faut ensemble que nous continuions à étudier" les "pistes qui protégeront éditeurs et auteurs", a-t-elle ajouté.
Clause de conscience?
Plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l'édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, ont appelé à la création d'une "clause de conscience" pour les écrivains, comme elle existe chez les journalistes.
Au Sénat, Mme Pégard a répondu à une question de la sénatrice socialiste Sylvie Robert, en pointe sur la filière du livre, qui a proposé de déposer une proposition de loi portant sur la création d'une clause de conscience pour les auteurs.
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"Il ne s'agit pas de transposer celle qui prévaut pour les journalistes, mais bien de l'adapter au secteur de l'édition. L'objectif est avant tout de combler un vide juridique et de mieux protéger les auteurs dès lors qu'un changement d'actionnaire compromet manifestement leurs intérêts matériels et moraux", a expliqué la sénatrice.