Suivez le panneau mais ne cherchez plus le drapeau. A Châtillon-sur-Morin (Marne), la mairie n’est plus qu’un souvenir enfoui sous les gravats. La pancarte de fortune pointe désormais vers un local loué à un particulier par l’équipe municipale.
C’est bien ici que le maire accueille ses administrés depuis que la mairie « historique » a été rayée de la carte, trois semaines avant le premier tour des élections. Sans bureau officiel, le maire doit réinventer la proximité dans un espace de 30 m2. « On a un accès PMR grâce à une planche en bois avec des clous qui dépassent et des fils électriques qui courent un peu partout dans la pièce… C’est une situation difficile. Je ne parle même pas du débat public, c’est limité à 18 personnes. Il faut mettre des haut-parleurs dehors ou faire en sorte que les gens écoutent à la fenêtre ».
Pour le moment, Xavier Letchimy n’a eu à gérer qu’un seul conseil municipal. Mais dans ces conditions c’est presque mission impossible. La mairie ouvre, tant bien que mal, un jour par semaine pour accueillir les habitants, ils sont un peu plus de 200 dans ce petit village du Sud marnais. L’ancien maire et son conseil avaient voté la démolition après avoir décelé « un défaut structurel » dans ce bâtiment de 125 m2.
Une reconstruction devant l’église classée
Mais le nouveau maire conteste cette faille. « La mairie était soi-disant en état de péril mais le Noël des enfants a bien eu lieu en décembre dernier. Il n’y a eu aucune consultation des habitants et surtout aucun rapport d’expertise. Et puis ce n’était pas juste une mairie, c’était l’ancienne école. Elle avait une valeur sentimentale. C’était aussi l’un des derniers bâtiments qui a résisté à la guerre, ça aurait mérité une restauration en l’état », regrette Xavier Letchimy.
Mais maintenant le premier édile n’a d’autres choix que de se retrousser les manches pour trouver une solution pour les Châtillonnais. Elu sur une liste au premier tour à plus de 50 % des voix, il doit également reprendre l’endettement provoqué par cette démolition. En effet, un projet de nouvelle mairie communale a été lancé par l’ex-équipe municipale. Un montage que le nouveau maire fustige sans état d’âme. « C’est disproportionné pour notre petite commune. C’est à hauteur de 800 000 HT et il y a des sommes déjà versées à l’architecte. On a hérité d’une mairie abattue et de 420 000 d’emprunts », lance-t-il.