Devant le tribunal fédéral d’Alexandria, près de Washington, où l’ancien directeur du FBI James Comey a été entendu mercredi 29 avril. KEVIN WOLF / AP
Inculpé mardi 28 avril pour avoir menacé « la vie et l’intégrité physique » de Donald Trump, l’ancien directeur du FBI James Comey s’est présenté mercredi à la justice. L’ancien patron de la police fédérale américaine, âgé de 65 ans, est désormais visé par deux chefs d’accusation pour une photo de coquillages publiée sur les réseaux sociaux en mai 2025 et interprétée par l’administration Trump comme une « menace » envers le président.
Sur cette photo, ensuite retirée, des coquillages formaient le message « 86 47 » dans le sable, le premier nombre étant parfois utilisé pour signifier le souhait de faire partir, voire de tuer, quelqu’un, le second pouvant se référer à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis.
James Comey s’est présenté au tribunal fédéral d’Alexandria, près de Washington, et a assisté à une très brève audience, dont il est sorti libre, rapportent les médias américains. Il a clamé son innocence, affirmant n’avoir « toujours pas peur ».
Donald Trump a limogé début avril sa ministre de la justice, Pam Bondi, à la suite notamment d’une série d’échecs de son ministère à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par le président américain, dont James Comey. Il a nommé pour assurer l’intérim à ce poste stratégique Todd Blanche, jusqu’alors numéro 2 du ministère, qui est également un de ses anciens avocats personnels.
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« Cela dépend »
« Cela ne veut pas dire que chaque fois que ce numéro est publié, ou chaque fois qu’il y a une menace contre le président, que cela aboutira nécessairement à une inculpation », a affirmé mercredi M. Blanche, en réponse à une question sur le fait que quiconque publierait le nombre « 86 47 » s’exposerait à une enquête, voire à des poursuites pénales.
« Cela dépend de l’enquête, cela dépend de toutes sortes de facteurs », a-t-il ajouté lors d’un point presse au ministère de la justice. « Les gens devraient se garder de menacer la vie du président Trump, parce que c’est une infraction, point final », a-t-il néanmoins prévenu.
C’est la deuxième fois que les procureurs fédéraux s’en prennent à lui. La précédente procédure pénale à son encontre, qui l’accusait d’avoir menti sous serment, avait été annulée en novembre.
James Comey avait été brutalement limogé par Donald Trump en 2017 alors que le FBI enquêtait sur d’éventuelles ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016
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La nouvelle inculpation a été dévoilée mardi, trois jours après une possible tentative d’assassinat contre Donald Trump, et annoncée par Todd Blanche, ministre de la justice par intérim.
Un sénateur démocrate influent a dénoncé mardi un « ministère de la justice instrumentalisé pour le compte d’un président revanchard ».