Un cortège funèbre organisé à la suite de l’attentat à la bombe, à Cajibio (Colombie), le 27 avril 2026. JOAQUIN SARMIENTO/AFP
L’attentat meurtrier perpétré sur une route colombienne et ayant tué 21 personnes civiles a été revendiqué, mardi 29 avril, trois jours après les faits, par la guérilla Etat-major central (EMC) qui a plaidé une « erreur ».
« C’est avec une profonde douleur que nous devons assumer la responsabilité politique de cette erreur tactique, qui n’a aucune justification », a déclaré, dans un communiqué, la principale guérilla dissidente des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui a refusé l’accord de paix historique de 2016.
Une bombe de forte intensité a explosé, samedi 25 avril, sur la route panaméricaine reliant les villes de Cali et de Popayan, dans le département du Cauca, dans le sud-ouest de la Colombie, tuant 21 personnes et faisant 56 blessés parmi des civils installés dans leurs véhicules. C’est le bilan le plus mortel contre des civils depuis plus de vingt ans, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle du 31 mai.
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Les forces de l’ordre visées, selon l’armée
L’armée soupçonne les rebelles d’avoir mis en place un barrage routier pour attirer les forces de l’ordre et leur tendre une embuscade, a déclaré une source militaire à l’Agence France-Presse (AFP). Le ministre de la défense, Pedro Sanchez, a affirmé que l’EMC entendait agir en représailles à la pression militaire exercée dans son bastion du Cauca, couvert de vastes superficies de champ de coca, après l’échec des négociations de paix entre le président Petro et le chef de cette dissidence dirigée par Ivan Mordisco, guérillero le plus recherché du pays.
Mardi, la police a annoncé avoir arrêté le « principal chef » d’une structure locale affiliée à l’EMC, et désigné José Vitonco, alias Mi Pez, « principal responsable » de l’attentat.
Le bureau du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme en Colombie a appelé, mercredi, le gouvernement et les groupes armés à respectivement « prévenir » et « cesser toute attaque » contre les populations civiles.
L’Equateur accusé d’ingérence
Le président Gustavo Petro a affirmé que l’attentat visait à « saboter les élections » alors que la gauche, arrivée pour la première fois à la tête du pays en 2022, entend conserver le pouvoir. Ivan Cepeda, héritier politique de M. Petro, fait la course en tête dans les sondages, et estime que les attaques des groupes armés profitent à « l’extrême droite ». Les candidats de droite tiennent eux le gouvernement responsable de la violence, mettant en cause sa négligence à l’égard des groupes armés.
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Mercredi, M. Petro a accusé le gouvernement de droite en Equateur d’ingérence, tenant sur X le président, Daniel Noboa, pour « responsable de la violence en Colombie ». Il a demandé une enquête pour savoir si les explosifs utilisés dans l’attentat venaient d’Equateur et a publié des photos de M. Noboa en compagnie de dirigeants de la droite colombienne.
Daniel Noboa a pour sa part accusé son homologue colombien d’avoir encouragé une « incursion de guérilleros » à la frontière entre les deux pays, engagés dans une surenchère de menaces d’augmentation de taxes douanières. « Nous protégerons notre frontière et notre population », a écrit M. Noboa, sur X.
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