Lors de l’examen de la loi visant à réprimer plus durement l’homosexualité, à l’Assemblée nationale sénégalaise, à Dakar, le 11 mars 2026. ZOHRA BENSEMRA/REUTERS

« Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays », avait menacé Diaraye Bâ, députée des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), le parti au pouvoir, le 11 mars, lors du vote de la loi réprimant plus durement les « actes contre nature », chef d’accusation désignant les relations entre personnes de même sexe. Un mois après la promulgation du texte punissant de cinq à dix ans l’homosexualité – contre un à cinq auparavant –, la traque est bien en cours.

Selon un décompte de la presse sénégalaise, au moins une centaine de personnes a été arrêtée en quelques semaines à travers le pays, certaines avant l’entrée en vigueur de la loi, le 30 mars. Dakar, la capitale, apparaît comme l’épicentre de la répression. A la suite de l’arrestation, début février, de l’animateur vedette Pape Cheikh Diallo et du chanteur Djiby Dramé pour « actes contre nature », au moins 80 personnes ont été placées en détention, d’après les médias locaux. Certaines sont accusées d’avoir transmis volontairement le VIH.

A Linguère, dans le nord-est du pays, 22 personnes supposées homosexuelles ont été arrêtées à la mi-avril. Certaines l’ont été sur dénonciation du voisinage, d’autres après les fouilles de leurs téléphones portables révélant leur inscription sur un site de rencontre entre hommes. Les policiers s’appuient également sur les aveux de suspects en détention.

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