En avril, un homme gay a été agressé par une foule qui l’attendait devant son domicile à Kampala, en Ouganda. Ils l’ont roué de coups et l’ont laissé dans la rue. Il s’appelait Julius et il est mort peu après son arrivée à l’hôpital. Quelques jours auparavant, huit réfugiés LGBTQIA+ du Burundi et de la République démocratique du Congo et vivant dans le camp de Nakivale, en Ouganda, ont été attaqués alors qu’ils sortaient acheter de la nourriture. La foule a tenté de castrer l’une d’entre eux – une femme transgenre – en lui coupant et mutilant gravement les parties génitales.

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En février, les funérailles d’un militant queer – et cher ami – ont dégénéré en violences après que le pasteur a encouragé les paroissiens à s’en prendre à son partenaire et à ses amis, les qualifiant de « démons ». Les villageois se sont alors mis à leur lancer des pierres, y compris sur les jeunes enfants du défunt. En novembre 2025, une femme transgenre a été battue à mort dans la rue. L’agression a été filmée et diffusée sur WhatsApp, accompagnée d’émojis de célébration.

Pourtant, si les personnes LGBTQIA+ en Ouganda signalent ces incidents à la police, elles risquent davantage d’être arrêtées elles-mêmes plutôt que leurs agresseurs. Lorsqu’elles se rendent à l’hôpital pour obtenir une aide médicale d’urgence, elles sont confrontées à des traitements abusifs et humiliants de la part des médecins, du personnel et des patients. Il existe un risque très réel qu’elles soient dénoncées à la police par une personne de l’hôpital et qu’elles soient arrêtées et subissent de nouvelles violences, de la part de la police ou d’autres détenus. Ce ne sont là que quelques exemples de ce à quoi ressemble la vie quotidienne des personnes LGBTQIA+ en Ouganda. Ces agressions ne font pas la une des journaux, et leurs auteurs ne sont jamais traduits en justice.

L’homophobie et la transphobie sont profondément ancrées dans la société ougandaise et encouragées par la loi antihomosexualité de 2023. Pourtant, il ne s’agit pas seulement d’un problème ougandais. Le Sénégal a récemment adopté une nouvelle loi anti-LGBTQIA+, qui prévoit une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans pour les relations intimes entre personnes de même sexe, contre un à cinq ans auparavant, et qui criminalise la prétendue « promotion » de l’homosexualité. Le Parlement ghanéen devrait également adopter une loi similaire cette année. Le Burkina Faso, le Niger et le Mali ont tous adopté ces dernières années des lois anti-LGBTQIA+ sévères et inhumaines.

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