La ministre demande à TotalEnergies « de reconduire et de poursuivre ce plafond tant que la crise durera ». « Ensuite, on ne s’interdit rien », a-t-elle ajouté, assurant qu’il « ne doit pas y avoir de profits exceptionnels sur le dos de la crise ».
« S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution », déclarait la veille le Premier ministre Sébastien Lecornu au Sénat. « Il faut bien que TotalEnergies se positionne d’une manière ou d’une autre sur une manière de redistribuer (…) », a ajouté le chef du gouvernement.
« Nous comptons poursuivre ce plafonnement » des prix, a répondu l’entreprise, sans préciser jusqu’à quand elle le prolongeait au-delà du 30 avril.
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« Gagner de l’argent parce que la guerre existe, il y a une forme d’indécence »
Les profits de TotalEnergies rappellent ceux de début 2022, dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et ont relancé le débat sur la taxation des superprofits pétroliers. « Total doit donner des signes de redistribution pour rester aimé des Français », a mis en garde sur BFM Business Michel-Édouard Leclerc.
« Gagner de l’argent parce que la guerre existe, il y a une forme d’indécence », a déclaré le patron du PS Olivier Faure sur RTL. Les députés socialistes ont « déposé une proposition de loi qui vise à taxer les superprofits », a-t-il indiqué, disant espérer récupérer « deux milliards ».
« Je crois au civisme, y compris de Patrick Pouyanné », le PDG de la multinationale, a également lancé Olivier Faure. « C’est une entreprise française, qui fait partie de notre quotidien depuis si longtemps (..) Il n’y a aucun risque de voir Total s’enfuir où que ce soit ».
Du côté de l’extrême droite, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont affiché mercredi des positions divergentes sur le sujet. Sur BFMTV, le patron du RN a jugé qu’une telle proposition de loi « n’était pas la priorité ».
« Je ne crois pas que la priorité, dans un pays qui a 46 % de prélèvements obligatoires, soit encore une fois d’inventer des taxes et des impôts », a déclaré Jordan Bardella.
« Lorsqu’une entreprise comme TotalEnergies fait des bénéfices supplémentaires liés à une crise internationale ou à une conjoncture extraordinaire, comme c’est le cas actuellement avec la guerre en Iran, il est normal qu’elle puisse contribuer à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits qu’elle a réalisés », a de son côté écrit sur X Marine Le Pen.