Les indicateurs économiques publiés ce jeudi ne sont peut-être qu’un trompe-l’œil. Croissance et consommation des ménages ne sont certes pas dans le négatif. Au contraire, la première est stable et le seconde en hausse de 0,7 % au mois de mars. Mais le produit intérieur brut (PIB) était attendu en augmentation au premier trimestre, tandis que les effets de la guerre au Moyen-Orient, commencée le 28 février, ne se sont pas encore totalement fait sentir sur la consommation du mois de mars.

Tel est l’avis de Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, interrogé sur la chaîne BFM business. « La consommation tient son rang, mais on n’est pas au pic des tensions. On est en train de rentrer dans une sorte de crise qui va être plus longue », tient-il à mettre en garde.

Tension sur le carburant fin mai et poussée de l’inflation

Il prend ainsi l’exemple du carburant. De manière générale, il explique que « tant que la guerre n’est pas finie, il va y avoir des arbitrages entre carburant et consommation ». Il anticipe des difficultés à partir de « fin mai », date partagée par tous les acteurs insiste-t-il, si la guerre se prolonge. Sans aller jusqu’à la pénurie, il fait part de « risques de ruptures » avec la hausse des prix qui va avec. Cette « ponction sur le budget des ménages va peser sur la consommation car on ne peut pas se passer de sa voiture ».

Il en profite pour glisser que les distributeurs ne jouent pas dans la même cour que Total, dont le bénéfice est en hausse de 50 % au premier trimestre, à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros). « Cela clôt les polémiques sur les pompistes de supermarché et les indépendants. Là on parle de superprofits. On n’est pas dans cette dimension. »

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