Des niveaux sans précédent depuis mi-2022 et l’invasion russe de l’Ukraine. Le pétrole a bondi à plus de 124 dollars le baril ce jeudi, soit environ le double de son niveau d’avant la guerre, après que les États-Unis ont évoqué la perspective d’un long blocus des ports iraniens, qui prolongerait d’autant la pression sur l’économie mondiale.
Vers 06h30 GMT (8h30 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, flambait de 5,39% à 124,39 dollars, après avoir grimpé en cours d’échanges d’environ 7,5% à 126,41 dollars.
À lire aussi Le bénéfice net de TotalEnergies en hausse de 50 % ce trimestre
Si les armes se sont tues depuis un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, le détroit d’Ormuz, par lequel transitait naguère un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, reste soumis à un double blocus iranien et américain.
Le blocus « plus efficace que les bombardements »
Cette nouvelle flambée intervient après qu’un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de « poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire ».
« Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios.
Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu’ils tentaient de « violer le blocus » et 41 tankers ne peuvent pas quitter l’Iran, selon l’amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, qui a jugé le blocus « hautement efficace ».
Vidéo« Nous ne laisserons jamais l'Iran avoir une arme nucléaire », martèle Donald Trump
Le marché pétrolier s’est encore emballé jeudi à la publication d’un article du média Axios affirmant que Donald Trump devait être briefé jeudi par l’armée sur de possibles nouvelles actions militaires contre l’Iran.
« Les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n’émerge », ont relevé les experts du cabinet DNB, disant redouter une « impasse prolongée » alors que les pourparlers sont au point mort.
Les États-Unis veulent « activer la pression économique et les divisions internes (…) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l’intérieur », a accusé le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Alors que ne se dessine aucune issue au conflit, le ministre américain de la Défense a eu droit mercredi à une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit.
Le coût de la guerre estimé à 25 milliards d’euros
« Catastrophe géopolitique », « désastre stratégique », « incompétence », « blessure auto-infligée », « bourbier » et autres mensonges… les députés américains n’ont pas ménagé Pete Hegseth.
Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu’à présent, la justifiant par une question : « Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ? ».
Les conséquences économiques du conflit se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale, le rial, a atteint son plus bas face au dollar depuis l’avènement de la République islamique en 1979.
« L’idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n’avons pas non plus d’espoir quant à l’issue des négociations », confie a confié Ali, architecte téhéranais de 52 ans, joint par une journaliste de l’AFP à Paris.