Il se filme en train d’écraser un homme avec son Cybertruck, abat un alligator en direct, vend des stéroïdes à des ados… Clavicular est l’influenceur looksmaxing qui affole l’Amérique. Derrière ses provocations et un business qui se chiffre en millions, le jeune homme de 20 ans développe un projet masculiniste.

Renverser et rouler sur un homme avec son Cybertruck, vider un chargeur sur un alligator, s’injecter des stéroïdes en direct, chanter « Heil Hitler » de Kanye West dans une boîte de nuit ou faire une overdose en plein live… Voici quelques-unes des dernières polémiques provoquées par Clavicular.

Depuis fin 2025, il ne se passe pas un mois sans que l’influenceur américain de 20 ans ne dérape. Une culture du buzz qu’il entretient savamment et transforme en véritable machine à cash.

Connu pour ses vidéos diffusées en live sur la sulfureuse plate-forme de streaming Kick, Clavicular — Brieden Éric Peters de son vrai nom — s’est fait connaître comme ambassadeur du looksmaxing. Cette tendance née sur les réseaux sociaux, populaire chez les masculinistes, pousse les hommes à maximiser leur apparence physique pour atteindre un idéal esthétique censé garantir le succès auprès des femmes.

Pour y parvenir, Clavicular a tout tenté : injections de stéroïdes, de peptides, mais aussi « bone smashing », une pratique qui consiste à se frapper les os du visage au marteau pour les « sculpter ».

Dans ses lives, Clavicular dispense des conseils de looksmaxing, filme ses tentatives de drague dans la rue ou en boîte de nuit, et multiplie les provocations. S’il est difficile de démêler la mise en scène du réel, l’objectif est clair : faire toujours plus de vues.

Les moments au potentiel viral sont ensuite extraits des lives et découpés en mini-extraits par une armée de « clippers », des monteurs embauchés par Clavicular pour inonder les réseaux sociaux. Une stratégie payante qui lui assure une omniprésence sur les plates-formes vidéo.

Une machine à cash bâtie sur le dos des ados

Derrière cette viralité orchestrée se cache un véritable business. Clavicular a confié au New York Times gagner environ 100 000 dollars (soit 85 000 euros) par mois grâce à ses seuls lives sur Kick. L’influenceur vend également une formation en ligne, à 39 dollars par mois (33 euros), qui rassemble plus de 800 abonnés majoritairement très jeunes.

Dans ces cours au contenu alarmant, que nous avons infiltrés, Clavicular promeut l’injection de testostérone et de peptides, le « bone smashing » et même des techniques pour se blanchir la peau.

Au-delà du business, le streamer américain développe surtout, à coups de scandales et de conseils dangereux, un projet aux contours masculinistes assumés — et il embrigade dans son sillage des milliers d’adolescents.