Scott Kirby (au centre), directeur général d’United Airlines, et Robert Isom (deuxième à droite), PDG d’American Airlines, à Washington, le 8 mai 2025. JULIA DEMAREE NIKHINSON/AP
Discrets appels du pied ignorés ou drague lourde repoussée, voire fiançailles rompues, les dossiers où les grands groupes cachent leurs secrets d’alcôve regorgent de projets de mariage avortés. Et si, d’aventure, l’existence d’un de ces batifolages est révélée, leurs instigateurs sont alors prompts à balayer l’affaire d’un péremptoire : « Nous explorons toutes les options. » Pas le genre de Scott Kirby, le directeur général d’United Airlines.
Le patron de la quatrième compagnie aérienne américaine en nombre de sièges offerts a publié, lundi 27 avril, un vibrant plaidoyer en faveur d’un rapprochement avec son grand concurrent American Airlines. « J’ai approché American », reconnaît-il. Problème, cette dernière ne veut pas en entendre parler. Même le président américain, Donald Trump, a considéré que cette fusion n’était pas souhaitable. Ces rejets fermes n’ont pas empêché Scott Kirby de faire la promotion de sa « vision audacieuse » : « Nous ne proposerions pas une combinaison qui entraînerait une hausse des prix pour les clients. »
Si Scott Kirby est sans doute le seul à entrevoir une « ouverture », comme aurait dit Jean-Claude Dusse, le dragueur insistant des Bronzés incarné par Michel Blanc, son attitude est aussi un signe des temps. La désinhibition du patron américain reflète, d’abord, le style débridé de Donald Trump, qui aime à négocier des « deals » au vu et au su de tous sur les réseaux sociaux. Elle traduit, ensuite, un fort désir de consolidation pour de nombreuses entreprises dont l’horizon est bouleversé par l’intelligence artificielle, les turbulences géopolitiques, les changements des habitudes de consommation et, dans le cas de l’aviation, par la flambée du prix du kérosène.
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