Investir dans les cryptomonnaies n’est plus réservé aux seuls casse-cous de la finance biberonnés aux nouvelles technologies. Ouvrir un compte en Bitcoin, la plus connue d’entre elles, se fait désormais en quelques clics auprès d’une plateforme agréée. Attention tout de même : plusieurs règles - avec quelques nouveautés à prendre en compte cette année - doivent être impérativement respectées pour ne pas risquer de poursuites pour fraude fiscale au moment de remplir sa déclaration de revenus.

Tout compte ouvert en cryptomonnaie doit être signalé dans sa déclaration de revenus « même si on a rien gagné, même si on a rien vendu et même si on l’a fermé au cours de l’année », prévient Elias Bourran, avocat fiscaliste au cabinet parisien Beaubourg. Il faut, en réalité, déclarer ceux hébergés par des plates-formes à l’étranger (en utilisant le formulaire 3916 et 3916bis). Mais « le plus simple est de le faire pour tous pour ne pas risquer d’en oublier sans le savoir », conseille le spécialiste. Cela peut être le cas par exemple pour un compte hébergé sur une banque en ligne opérant en France, qui vous octroie un IBAN français (commençant par FR) mais dont le siège est situé à l’étranger.

Inutile de tenter le diable en essayant de ne pas déclarer car, depuis l’an dernier, un échange automatique de données est en place entre les plateformes de cryptomonnaies et l’administration fiscale. Le risque est donc plus que probable de se voir infliger un contrôle en bonne et due forme sur les trois dernières années de déclarations…

Seules les plus-values sont taxées

Certaines opérations réalisées à partir d’un compte en cryptomonnaie (français ou étranger) peuvent être imposables, si « j’ai converti des Bitcoins en euros ou payé quoi que ce soit directement en Bitcoins, poursuit Elias Bourran. À l’inverse, on n’a pas à déclarer les échanges entre cryptomonnaies ».

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À noter que seules les plus-values réalisées lors de la cession et de la vente de vos cryptos sont taxées. Elles sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU), plus connu sous le nom de Flat Tax, dont le taux est passé depuis le 1er janvier 2026 de 30 % à 31,4 %. Il s’applique de manière rétroactive aux revenus perçus pendant l’année 2025 et déclarés en 2026. La hausse correspond à celle des prélèvements sociaux (à 18,6 %) alors que ceux directement liés à l’impôt restent stables (12,8 %).

« Si vous avez investi 10 000 euros en Bitcoins et qu’ensuite le cours du Bitcoin a baissé avec comme conséquence une perte de 1 000 euros, les 9 000 restants qui vous a permis d’acheter une voiture d’occasion par exemple ne sont pas taxés puisque vous n’avez pas fait de plus-value, détaille Elias Bourran. En revanche, si le cours du Bitcoin a grimpé de l’équivalent de 2000 euros et que j’utilise toute la somme pour un achat, il faudra déclarer ces 2 000 euros de plus-value. »

Le site impôts.gouv.fr rappelle toutefois que « vous pouvez renoncer à ce PFU et choisir le barème progressif de l’impôt si cela vous avantage ». C’est le cas notamment pour les contribuables qui ne paient pas ou peu d’impôts. « Pour cela, cochez la case 3CN sur votre déclaration de revenus. Cette option est définitive et indépendante de celle qui concerne les revenus de capitaux mobiliers », précise l’administration fiscale.