Alors qu’Anthropic avait exprimé des doutes sur l’utilisation de ses modèles d’IA par le Pentagone, l’administration américaine n’avait pas tardé à l’écarter de certaines opérations. Mais face aux performances de Mythos, son IA la plus puissante, la Maison Blanche envisage désormais de réintroduire l’entreprise dans ses dispositifs.
C’est une petite guerre qui avait secoué "les serveurs et les ordinateurs" des pouvoirs publics américains. Depuis quelques semaines, l’administration américaine avait décidé de faire table rase de Claude, l’IA développée par Anthropic, après que celle-ci a exprimé de sérieuses réserves sur certains usages de son outil, notamment militaires. Le Pentagone et la Maison-Blanche s’étaient alors mis d’accord pour mettre l’entreprise sur liste noire, la dénonçant comme "woke", tandis que Donald Trump, président américain, n’avait pas épargné la société de ses diatribes sur les réseaux sociaux.
Mais voilà que l’administration Trump semble opérer un revirement à 180 degrés concernant une entreprise... qu’elle présentait pourtant comme un risque majeur "pour la sécurité nationale". Selon le bien informé site d’information américain Axios, la Maison Blanche élabore actuellement des directives qui permettraient aux agences fédérales de contourner la "désignation de risque" liée à la chaîne d’approvisionnement d’Anthropic et d’intégrer de nouveaux modèles, notamment le plus puissant à ce jour, Mythos.
Donald Trump à la Maison Blanche le 6 avril 2026 (photo d'illustration) © Brendan Smialowski
Plus tôt ce mois-ci, la Maison Blanche avait déjà organisé une rencontre entre sa cheffe de cabinet Susie Wiles, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, qualifiée de "productive" et centrée sur une possible "nouvelle" coopération entre l’entreprise et le gouvernement.
Le modèle "Mythos" dans l'oeil de l'administration
Peu après, l’exécutif américain avait également réuni plusieurs entreprises de la tech, mais aussi du monde de la finance et de la cybersécurité, pour les informer de futures mesures et bonnes pratiques liées au déploiement de Mythos, avec à la clé d’éventuels ajustements des recommandations. Le modèle Mythos a, pour rappel, démontré une capacité inquiétante à automatiser certaines cyberattaques, tout en pouvant également constituer un outil puissant pour les défenseurs.
Malgré ce contentieux, certaines administrations, y compris le Pentagone, peuvent encore utiliser les modèles de l’entreprise pendant la procédure... et la National Security Agency (NSA) a même recours à Mythos. Plusieurs autres agences fédérales réclament également l’accès à cet outil. Cependant, les querelles judiciaires continuent de considérablement compliqué la coopération entre Anthropic et le gouvernement américain.
Sam Altman, PDG d’OpenAI lors du Snowflake Summit 2025 au Moscone Center le 2 juin 2025 à San Francisco, en Californie (photo d'illustration) © Photo par JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
D’autres acteurs, dont OpenAI, devraient également lancer des outils similaires dans les prochaines semaines. L’entreprise n’avait d’ailleurs pas tardé à se positionner après l’éviction de son concurrent des hautes sphères du pouvoir américain. Alors qu’Anthropic a refusé de céder aux pressions du Pentagone pour utiliser Claude sans restriction, OpenAI avait directement signé, dans la foulée, un contrat avec le département de la Défense des États-Unis. Reste à savoir comment la société de Sam Altman, également engagée dans un contentieux judiciaire avec un autre rival, Elon Musk, réagira à ce revirement de la Maison Blanche.