Le monde fait face à « un défi majeur sur le plan énergétique et économique », a affirmé ce jeudi 30 avril le patron de l’Agence internationale de l’Énergie, Fatih Birol, à l’heure où la guerre au Moyen-Orient a bouleversé les circuits énergétiques classiques et affecté l’économie mondiale.
« Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire. Et ce qui se passe actuellement montre que, malheureusement, nous avions raison. Les marchés du pétrole et du gaz vont connaître de graves difficultés », a dit le dirigeant à l’occasion d’une conférence à Paris consacrée notamment aux énergies renouvelables.
« Nous savons désormais clairement que l’économie mondiale doit changer de modèle énergétique. Et l’étape la plus cruciale consiste à accélérer la transition vers les énergies propres », a également déclaré lors de cet événement le président de la COP31 Murat Kurum.
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Comme lors de l’invasion russe en Ukraine en 2022, la guerre au Moyen-Orient a montré au monde ses fortes dépendances aux énergies fossiles, cette fois avec la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran où transitait avant le conflit 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.
Le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a ainsi dépassé jeudi 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022 lorsque l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe avait provoqué une flambée des cours. Depuis le début de l’année, le prix du Brent a donc doublé.
Cette flambée des cours a de lourds effets sur les économies à travers la planète, avec des perspectives de croissance qui s’amenuisent.