A Saint-Pol-de-Léon, capitale du Haut-Léon finistérien, à deux pas du port de Roscoff, on trouve deux édifices religieux remarquables : la cathédrale Saint-Pol-Aurélien (le Saint breton qui a donné son nom à cette petite ville d’aujourd’hui 7 000 âmes) et la chapelle Notre-Dame-du-Kreisker.
Cette dernière, joyau du gothique breton, désormais fragilisé par les tempêtes et les affres du temps, partiellement inaccessible, nécessite des travaux d’urgence. Avec son coq culminant à 78 m de hauteur, elle est encore à ce jour la plus haute flèche de Bretagne. Et pourtant, ce n’était à l’origine qu’une modeste chapelle.
Après le phare du Minou en 2025, le Loto du Patrimoine, mission de Stéphane Bern qui aide des dossiers de restauration régionaux, l’a choisie pour son édition 2026.
Marquée par les conflits et les reconstructions
« Les infiltrations d’eaux pluviales, l’usage inadapté du ciment et le manque d’entretien ont entraîné une dégradation générale des maçonneries et un développement de mousses et végétaux, précise l’équipe de la mission Loto du Patrimoine. Les vitraux, en mauvais état, présentent aussi un risque pour le public ». Le projet prévoit une restauration complète : « reprise des maçonneries, réfection de la couverture, amélioration de l’évacuation des eaux, sécurisation et restauration des vitraux, ainsi que le remplacement et la restauration de menuiseries ».
Édifiée au XVe siècle sur les vestiges d’une chapelle détruite en 1375 lors du saccage de la ville, elle témoigne d’une histoire marquée par les conflits et les reconstructions. Son nom, « kreisker » peut vouloir signifier « croix de la ville » ou « centre de la ville ». Et rappelle ainsi son « rôle structurant ancien », comme le rappellent les représentants du Loto du Patrimoine.