A La Défense (Hauts-de-Seine), le 8 novembre 2024. KIRAN RIDLEY / AFP
Quelle est l’ampleur des discriminations à l’embauche des seniors ? La question devient brûlante en France, où la population vieillit et où l’âge de la retraite recule. D’où la nécessité d’une meilleure insertion professionnelle de cette catégorie d’âge. On en est loin : bien qu’en hausse constante depuis 2000, le taux d’emploi des 55- 64 ans, désormais à 60,4 % en 2024, reste inférieur de cinq points à la moyenne européenne. Et l’on vieillit professionnellement plus vite en France qu’ailleurs : dans une enquête Ipsos de 2022, les candidats se percevaient ainsi comme senior en moyenne à partir de 53 ans, les recruteurs à partir de 50 ans.
Pour analyser ces discriminations, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail (Dares) a passé en revue une trentaine d’études européennes et américaines sur ce sujet. Intitulée « Les seniors sont-ils vraiment discriminés lors du recrutement ? », cette note publiée le 22 avril croise les enseignements des testings et ceux de la littérature sur les stéréotypes liés à l’âge.
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Les enquêtes à grande échelle fondées sur le testing, soit l’envoi à un même employeur de CV comparables, sauf sur le critère de l’âge, confirment leurs difficultés. Publiée en 2023 dans l’European Economic Review, une méta-analyse synthétisant les résultats de la quasi-totalité des testings à l’embauche effectués en Europe et aux Etats-Unis constate que les candidats plus jeunes ont en moyenne 1,5 fois plus de chances d’être rappelés que les plus âgés.
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