Des membres du syndicat de Samsung Electronics réclament des primes plus élevées, sur le site de fabrication de puces électroniques de Pyeongtaek (Corée du Sud), le jeudi 23 avril 2026. AHN YOUNG-JOON/AP

Une nouvelle menace plane sur l’économie mondiale. Elle ne concerne pas l’énergie, mais les semi-conducteurs, carburant vital des infrastructures d’intelligence artificielle (IA) dont le développement s’est accéléré à travers le monde au point de faire craindre un phénomène d’« hyper-bulle ». Elle n’émane pas du Moyen-Orient mais de Pyeongtaek, cœur industriel du sud de Séoul, où l’intersyndicale de Samsung Electronics menace de lancer une grève générale du 21 mai au 7 juin, si la direction ne répond pas à ses revendications de partage des gains mirobolants enregistrés au premier trimestre 2026.

Le conglomérat a annoncé, jeudi 30 avril, un bénéfice net à 47 200 milliards de wons (27,2 milliards d’euros) et un chiffre d’affaires de 133 900 milliards de wons – en progression de 68 % sur un an – entre janvier et mars. La performance est due, précise le groupe, « à des innovations technologiques en matière d’IA et à une réponse proactive aux besoins du marché ».

Les bénéfices de Samsung sont près de trois fois supérieurs au précédent record de 20 000 milliards de wons (11,5 milliards d’euros) établi au dernier trimestre 2025. L’entreprise profite d’« un supercycle sans précédent » dans les puces mémoire, porté par l’essor rapide de l’IA, qui compense les difficultés de sa branche d’électroménager, affectée par la concurrence chinoise, et de sa division Device experience, qui supervise les activités liées aux smartphones mais souffre elle-même de la hausse des prix des composants.

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