Les deux dirigeants du Rassemblement national se sont exprimés en même temps, mais n’ont pour une fois pas dit la même chose.
Une « taxation exceptionnelle » des « surprofits » engrangés par TotalEnergies depuis la guerre en Iran serait « normale » a ainsi estimé ce mercredi Marine Le Pen, tandis que Jordan Bardella a jugé qu’une telle surtaxe ne serait « pas la priorité » et préféré que le groupe pétrolier « continue son blocage des prix » à la pompe.
Sur le réseau social X, Marine Le Pen a réagi aux bénéfices annoncés le matin même par TotalEnergies (près de 5 milliards d’euros au premier trimestre), en rappelant sa position sur la « taxation des surprofits », cette « mesure de justice sociale que nous défendons depuis des années ».
« Lorsqu’une entreprise comme TotalEnergies fait des bénéfices supplémentaires liés à une crise internationale ou à une conjoncture extraordinaire, comme c’est le cas actuellement avec la guerre en Iran, il est normal qu’elle puisse contribuer à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits qu’elle a réalisés », a argumenté la cheffe des députés RN.
« Il ne faut rien s’interdire »
Au même moment, Jordan Bardella était interrogé sur BFMTV sur l’intention du Parti socialiste de déposer une proposition de loi en ce sens. « Il ne faut rien s’interdire », mais « je ne crois pas que la priorité, dans un pays qui a 46 % de prélèvements obligatoires, soit encore une fois d’inventer des taxes et des impôts », a répondu le président du parti d’extrême droite.
Soucieux de « rendre immédiatement du pouvoir d’achat aux Français », il a salué « le geste de blocage des prix » de TotalEnergies (qui a plafonné ses prix à la pompe pour l’essence et le diesel) et souhaité que le groupe « puisse continuer à appliquer ce principe pour soulager nos compatriotes ».
Au-delà de cette dissonance, les deux leaders du RN se sont retrouvés sur leur proposition phare de baisse de la fiscalité sur les carburants, notamment en passant la TVA de 20 % à 5,5 % sur ces produits.