Emeric Salmon, député Rassemblement national et corapporteur du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), à l’Assemblée nationale, le 4 avril 2024. EMMANUEL DUNAND/AFP
Pour la première fois de son existence, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a voté contre son propre rapport. L’instance créée en 1983 devait rendre public, jeudi 30 avril, une note scientifique sur les effets sanitaires et environnementaux de l’acétamipride. Interdit en France depuis une loi de 2018, ce pesticide néonicotinoïde pourrait être réautorisé à la faveur des discussions et amendements attendus sur le projet de loi d’urgence agricole, dont l’examen à l’Assemblée nationale a démarré mardi 28 avril. Depuis l’été 2025 et l’adoption de la loi dite Duplomb (« visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur ») qui entendait le remettre en selle – une disposition censurée par le Conseil constitutionnel –, il est au centre d’une vive controverse.
Après une vingtaine d’auditions de chercheurs, la plupart spécialistes des effets des pesticides sur la santé humaine et la biodiversité, et une visite de la station de recherche du CNRS de Chizé (Deux-Sèvres) dévolue à ces questions, l’Opecst entendait apporter sa voix à ces débats. Des tractations de dernières minutes en ont décidé autrement. Deux heures avant le début de la conférence de presse de restitution de la note, la presse était informée du « report » de sa présentation, « à une date ultérieure inconnue à ce jour », l’adoption de la note ayant été, elle-même, « reportée ».
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