« Drone » est certainement en ce moment l’un des mots les plus utilisés concernant les différentes crises géopolitiques. Comment s’en prémunir dans des zones sensibles comme des ports, aéroports, industries chimiques et sites militaires ? Lancé par trois associés au Havre (Seine-Maritime) en 2021, Drone XTR travaille sur leur détection pour protéger des couloirs aériens.

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« Grâce à un principe de prestation de service où nous installons des antennes et louons notre interface, nous sommes présents sur les aéroports de Nice, Marseille, Toulouse, et Bordeaux. En ce moment, nous travaillons sur ceux de Beauvais et Bâle-Mulhouse et les prochains sont Lyon et Nantes. Nous avons remporté de nombreux contrats dans le civil dont des parcs d’attractions, des sites Seveso, de grandes manifestations et aussi chez les militaires qui sont venus nous chercher », explique Jean-François Adam, président-directeur général de Drone XTR.

Le marché prend très vite de l’ampleur et le nombre de vols interdits se multiplie. L’entreprise havraise qui compte aujourd’hui 15 salariés dont 50 % d’ingénieurs pour un chiffre d’affaires estimé en 2026 à 4 millions d’euros doit s’agrandir et veut surtout « réinternaliser la production en France ».

Une course à la technologie

Avec plus d’une centaine de clients sur le territoire et 400 utilisateurs connectés jour et nuit sur l’interface de surveillance, Drone XTR « va dépasser le million de détections de vols depuis notre création. Utiliser un drone, c’est devenu aussi simple et courant que prendre une photo avec son smartphone. Seulement, la réglementation n’est pas toujours connue. Avec notre principe de récupération du protocole du drone et donc sa position GPS, chez notre premier client qu’est le Port du Havre, nous avons réduit de 50 % les vols interdits alors que le nombre d’autorisations professionnelles a explosé. Plus nous contrôlerons ces vols interdits, souvent de loisirs, plus nous éviterons les menaçants sur des sites chimiques, des accidents avec des avions, de l’espionnage industriel ou sur les espaces contrôlés des armées. »

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Les fondateurs ont ainsi décidé d’investir 2 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle infrastructure « dotée d’un banc d’essais, une salle d’analyses de radiofréquence, un centre de contrôle dernière génération et surtout une chaîne de montage de nos systèmes anti-drones. Pour le moment, ils sont fabriqués dans différents pays. Il est aujourd’hui important de rentrer dans le programme France 2030 et d’assurer une production souveraine de plus d’une trentaine de capteurs par mois. Ce sont des enjeux importants », complète le PDG.

Un développement qui permettra aussi de passer de 15 à 50 employés et à 10 millions d’euros de CA d’ici 2028, « pour proposer une pépinière d’ingénieurs spécialisés et lancer aussi des nouveautés dans la neutralisation de drones civils ou encore, la détection des drones par des caméras couplées à l’IA. Il faut être en veille, car c’est une course à la technologie ».