Construit en 1989, le Centre de détention Les Vignettes à Val-de-Reuil (Eure) compte 335 agents de toutes catégories pour plus de 800 détenus condamnés à plus de deux ans d’emprisonnement, dont quelques-uns à perpétuité. Cela en fait le centre de détention le plus important d’Europe pour les longues peines.

Aussi l’arrivée d’un nouveau directeur y est un événement à part entière, surtout depuis l’évasion de Mohamed Amra et la tragédie au péage d’Incarville (Eure) tout proche, qui a vu la mort des deux agents pénitentiaires. C’est d’ailleurs sur cet hommage que le mardi 28 avril, Pascal Vion, directeur interrégional des services pénitentiaires Grand-Ouest, a ouvert la cérémonie de prise de commandement de Grégory Desarmagnac en présence du Préfet Charles Guisti : « Membre d’un corps de Hauts Fonctionnaires, les missions difficiles qui vous attendent sont celles de renforcer la sécurité de l’établissement, organiser l’équipe locale de sécurité pénitentiaire, mobiliser vos personnels, accompagner et protéger les personnes détenues et lutter contre toutes les formes de violence et risques corruptifs ».

« Un métier indispensable à la société »

Un défi que veut relever le nouveau directeur grâce à « une carrière très riche et diversifiée ». À 43 ans, Grégory Desarmagnac est originaire du Sud-Ouest, mais a été élevé à Rouen (Seine-Maritime) où il a décroché une maîtrise de droit privé. Il a intégré l’Administration pénitentiaire le 24 juillet 2006 en qualité d’élève surveillant. Il va vite grimper les échelons à la Maison d’arrêt de Saint-Étienne-La-Talaudière (Loire), puis comme adjoint au chef de détention en 2011 du centre de détention de Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

En octobre 2015, le fonctionnaire est retourné à l’École nationale pénitentiaire d’Agen en qualité d’élève directeur des établissements. Il fera son stage à Lyon-Corbas (Rhône) avant d’être nommé directeur adjoint au centre de détention de Bourg-en-Bresse (Ain), puis, en septembre 2019, comme directeur au centre de détention Metz-Queuleu (Moselle).

Après quelques années, Grégory Desarmagnac décide alors de rejoindre le ministère de l’Intérieur en qualité de Commissaire de Police au Havre, responsable de la sécurité publique, avant de postuler « pour revenir à la maison mère riche de cette expérience. »

« C’est un choix, explique le haut fonctionnaire. Je voulais diriger un tel établissement pour travailler sur les fondamentaux de notre métier : rendre la peine utile. » Le nouveau directeur n’oublie pas ses missions où « pour les détenus, il faut faire preuve d’autorité et d’humanité. On ne peut pas gérer un tel établissement si on n’a pas cette dualité. L’autorité n’est pas l’autoritarisme. Il faut voir comment ils vivent, les écouter, travailler avec eux et participer à leur propre peine afin de faire tenir la ligne de conduite à ne pas franchir. »

Pour cela, le soutien des personnels est indispensable selon lui, « alors il faut discuter, comprendre les attentes face aux difficultés de la surpopulation, afin de garder un sens aux missions ».