C’est un nouveau lieu culturel qui ne manque ni de charme ni d’initiatives. Ce samedi 2 mai est lancée la deuxième édition du festival Sens (pour « seuls en scène ») au théâtre des Gémeaux parisiens, la salle de 300 places ressuscitée en 2024, tel un phénix, sur les cendres du théâtre de Ménilmontant fermé en 2018.

Un rendez-vous dont la comédienne Delphine Depardieu est la marraîne. On y verra du beau monde, des artistes primés aux Molières, abonnés aux plus belles institutions du festival off d’Avignon, des performances de haute de volée, des textes soignés, des mises en scène aux petits oignons. Quelques reprises. Beaucoup de créations. Le programme est gourmand. On a, par exemple, très envie de découvrir la nouvelle pièce d’Élodie Menant, révélation féminine aux Molières en 2020, avant de briller en 2023 avec son magnifique « Je ne cours pas, je vole ! » Après s’être intéressé au quotidien de sportifs de haut niveau, la comédienne monte « Rosy et moi », ode à la résilience dans lequel elle interprète quelque 18 personnages !

Un programme éclectique

On a hâte, aussi, d’assister à « 22 minutes », le nouveau projet de Benoit Solès, à qui l’on doit la superbe « Machine de Turing ». Il s’intéresse à l’échange historique, dont la durée a donné le titre du spectacle, entre le pape Jean-Paul II et Ali Agça, le Turc qui a failli l’assassiner en 1981. « Que peuvent changer 22 minutes dans le cours d’une vie ? » pose le comédien et metteur en scène. Autre création : « Une femme à la mer » revient sur la chute de la navigatrice Florence Arthaud en 2011 dans une eau glaciale.

Rayon classique, on replongera chez Zola avec « Au bonheur des dames » dépoussiéré par Pascale Bouillon ou dans « Lettre d’une inconnue » de Stefan Zweig adaptée par Betty Pelissou ou « 24 heures de la vie d’une femme » par Anne Martinet. On se délectera de la reprise de « Guillaume et les garçons à table ! ». On se réjouit d’avance devant « Être ou ne pas être » de et avec William Mesguich qui mêle foot et théâtre, Maradona et Shakespeare. Au total, quatorze seuls en scène, quatorze raisons d’aller au théâtre et découvrir une réjouissante singularité artistique.

À voir aussi

« Ce festival met à l’honneur le seul en scène, une forme théâtrale que j’admire profondément, commente Delphine Depardieu. C’est un exercice pur, rigoureux, fragile aussi, où l’artiste se retrouve face au public sans autre filet que la vérité du jeu. C’est un dialogue direct, vibrant, intime, qui exige une sincérité absolue et une grande technique. »