Le tour de golf LIV Golf a du plomb dans l’aile. Le fonds souverain de l’Arabie saoudite va arrêter de financer le circuit « dissident » qu’il soutenait depuis son lancement en 2021, a confirmé jeudi un porte-parole saoudien.
« Le PIF a pris la décision de financer LIV Golf seulement pour le restant de la saison 2026 », a déclaré un représentant du Fonds public d’investissement saoudien (PIF). « L’investissement considérable requis par LIV Golf sur le long terme n’est plus compatible avec la phase actuelle de la stratégie d’investissement du PIF », a précisé cette source.
Les rumeurs sur ce retrait bruissaient depuis des jours après que plusieurs médias américains comme le New York Times ou le Wall Street Journal avaient assuré récemment que le PIF envisageait d’arrêter de financer ce circuit.
Ce n’est finalement pas si étonnant au regard du contexte. Le conflit avec l’Iran dans le Golfe persique accapare les moyens de l’Arabie saoudite. Le pays a donc réduit la voilure sur certains de ses mégaprojets sportifs.
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Le sport, utilisé comme outil de soft power et vitrine des ambitions du pays, en a fait les frais, à l’image des Jeux asiatiques d’hiver prévus en 2029 dans la mégalopole futuriste de Neom qui ont été depuis réattribués. Mi-avril, le PIF avait déjà annoncé la cession de 70 % des parts qu’il détenait dans le club de football saoudien Al-Hilal, où évolue Karim Benzema, près de trois ans après son acquisition.
Recherche de nouveaux investisseurs
LIV Golf a déclaré jeudi qu’elle cherchait à s’assurer des « partenaires financiers à long terme ». LIV Golf, fondée en 2021 pour concurrencer directement le PGA Tour, a publié un communiqué qui, de manière significative, ne mentionnait pas l’Arabie saoudite.
« LIV Golf a annoncé aujourd’hui la nomination de nouveaux membres au conseil d’administration, alors que la ligue s’attache à trouver des partenaires financiers à long terme pour soutenir sa transition d’une phase de lancement initiale vers un modèle d’investissement diversifié et multipartenarial », indique le communiqué de LIV.
Il n’y avait pas non plus de mention de Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du Fonds public d’investissement saoudien (PIF), qui a cofondé LIV Golf et est membre historique du conseil d’administration.
Le communiqué mentionnait simplement l’arrivée de deux nouveaux membres au conseil d’administration, Gene Davis et Jon Zinman. LIV Golf a décrit ce duo comme « des experts chevronnés ayant fait leurs preuves dans la gestion de situations complexes et la création de valeur pour des organisations mondiales, afin de guider la ligue vers sa prochaine phase ».
La ligue a dépensé des milliards de riyals saoudiens pour attirer de nombreux joueurs parmi les meilleurs au monde, notamment l’Américain Bryson DeChambeau et l’Espagnol Jon Rahm ou le Britannique Tommy Fleetwood. Des informations ont commencé à circuler au début du mois selon lesquelles ce circuit dissident était au bord de l’effondrement en raison du retrait possible du financement saoudien.
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Selon certaines rumeurs, les riches bailleurs de fonds de LIV à Riyad se seraient désintéressés de ce projet extrêmement coûteux, qui leur aurait déjà coûté plus de cinq milliards de dollars.
Le PDG de LIV Golf, Scott O’Neil, a démenti ces informations, s’engageant à poursuivre la saison « à plein régime », tout en admettant que la ligue devrait « probablement » lever des fonds à l’avenir. Un effondrement de LIV Golf pourrait compromettre la carrière et les revenus de ses joueurs vedettes.
La revanche du PGA tour
Des joueurs comme DeChambeau ont quitté le PGA Tour dans des circonstances houleuses et pourraient s’exposer à de lourdes sanctions s’ils tentaient d’y revenir. Du côté du PGA tour, l’heure est à la revanche après le coup de poignard de 2021. « Il y avait des règles, et elles ont été enfreintes », a déclaré cette semaine Brian Rolapp, directeur général du PGA Tour, au Journal. « Qui dit règles dit responsabilité. » Certains joueurs stars sollicités comme Rory McIlroy, récent double vainqueur du Masters d’Augusta, avaient défendu la ligne PGA.
Parmi les « traîtres », certains ont déjà fui le « super tanker » saoudien. Brooks Koepka est devenu le premier joueur de LIV à revenir dans le giron du PGA lorsque le quintuple vainqueur de tournois majeurs a quitté le navire en décembre dernier.
Le retour de l’Américain de 35 ans a été rendu possible grâce à la création par le PGA d’un programme « de réintégration des membres », décrit comme offrant « une voie de retour aux joueurs d’élite qui ne sont plus soumis à des restrictions contractuelles les empêchant de se conformer aux règles et règlements du PGA Tour ».