Le chef de la junte birmane, devenu président, a ordonné jeudi 30 avril que l’ancienne dirigeante élue Aung San Suu Kyi, emprisonnée dans un lieu tenu secret, purge le restant de sa peine de prison assignée à résidence.

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Dans un communiqué, le dirigeant, Min Aung Hlaing, qui avait mené le coup d’État contre la Prix Nobel de la Paix, en 2021, a déclaré qu’il « commuait le reste de la peine » de l’ex-présidente de 80 ans « en assignation à résidence ».

Corruption, fraude électorale, violation de secrets d’Etat et des restrictions contre le Covid-19… Depuis le début de la procédure judiciaire entamée en juin 2021, Mme Suu Kyi a été condamnée pour de multiples infractions. La fin de son procès en décembre 2022, long de dix-huit mois, avait été dénoncé comme un simulacre judiciaire par les groupes de défense des droits humains.

Mme Suu Kyi reste une figure populaire en Birmanie, après son prix Nobel de la paix en 1991, même si son image internationale a été écornée par son incapacité à défendre la minorité musulmane rohingya, victime d’exactions de l’armée en 2016 et 2017 – un « génocide », selon Washington. La Birmanie a sombré après le coup d’Etat dans une période de chaos, avec des violences commises quotidiennement par l’armée et des milices autoconstituées qui s’accusent mutuellement d’avoir tué des centaines de civils.

Plus de 2 600 personnes ont été tuées par la répression conduite par la junte, d’après une ONG locale. Plusieurs groupes de défense des droits ont accusé l’armée birmane de lancer des frappes aériennes sur des civils, ce qui constitue des crimes de guerre. L’armée a comptabilisé de son côté 4 000 civils tués.

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