Fin de partie pour le Gibus. Le mythique club de la rue du Faubourg-du-Temple, dans le XIe arrondissement de Paris, va fermer ses portes le vendredi 31 juillet. Haut lieu de la communauté LGBT depuis 2014, la salle cachée dans les sous-sols d’un passage couvert a vu défiler au cours de ses soixante ans d’histoire des groupes de rock comme Téléphone ou Police, autant que les stars de l’électro Justice ou du hip-hop comme NTM.

L’annonce effectuée sur les réseaux sociaux a entraîné de multiples messages de déception. « Mais où va-t-on aller maintenant ? » se demandait une partie de ses habitués dont beaucoup ne comprennent pas la fin de cette ère.

« J’en avais marre »

« J’ai juste décidé d’arrêter, car j’en avais marre. J’ai organisé plusieurs centaines de soirées par an à Paris. À 53 ans, j’ai envie d’en faire moins », résume dans un sourire Jean-François Meneboo, qui dirige le Gibus depuis douze ans.

Le chef d’entreprise pointe du doigt les charges liées à son activité, les tensions avec le voisinage en raison du bruit et une baisse d’activité. « Dans le milieu LGBT, il y a de plus en plus de clients qui ne viennent plus, car ils préfèrent des soirées à domicile où ils pratiquent le chemsex, assure Meneboo. On n’en parle pas assez, pas seulement pour des raisons économiques, mais parce que c’est une question de santé publique. »

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S’il se souvient encore de la période « horrible » du Covid, avec les confinements et couvre-feu successifs, et de plusieurs mois de fermeture du fait de travaux de sécurité qui ont traîné, le patron compte finir joyeusement l’histoire du lieu. « Il nous reste trois mois pour écrire la fin comme il se doit », écrit-il alors que la salle s’annonce très pleine tout ce week-end du 1er-Mai.