Le premier secrétaire du Parti socialiste plaide pour une "redistribution" des superprofits réalisés par des entreprises dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, estimant qu'ils sont "indécents".
"Où est le génie de Totalenergies?" Invité sur BFMTV, Olivier Faure défend ce jeudi 30 avril la proposition de loi du Parti socialiste visant à taxer les bénéfices "indécents" réalisés par certaines entreprises dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
"Il y a des profits liés à des innovations, des progrès technologiques, des produits nouveaux, (...) mais là, où est le génie de Total? Son génie, c'est d'être capable de vendre davantage, plus cher, à un moment où il y a une crise mondiale, qui est une guerre illégale", déplore le patron du PS.
La proposition de loi du parti de gauche a été déposée au lendemain de la publication des résultats trimestriels en forte hausse de Totalenergies. Avec 4,96 milliards d'euros de bénéfice net, l'entreprise réalise 51% de bénéfices de plus en un an, sur fond de flambée des prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient.
"C'est de la spéculation sur le dos des Français", estime Olivier Faure qui plaide pour une "redistribution".
"2 milliards d'euros"
Le Parti socialiste propose de "prendre la moyenne des trois dernières années des entreprises qui font 750 millions de chiffres d'affaires" et de la comparer à celle du prochain trimestre. "Ceux qui ont fait 20% de plus que la moyenne des années précédentes, on considère que ce sont des profits de nature différente, liés à la crise", explique Olivier Faure, qui dénonce des profits "indécents".
"Imaginez une entrepise qui tirerait son profit du travail des enfants, est-ce que vous trouveriez ça indécent?", questionne-t-il, assurant ne pas comparer les activités de Totalenergies aux entreprises qui font travailler des enfants mais utiliser ce cas pour expliquer ce qu'est un profit "indu".
"Je ne dis pas que Total fait travailler des enfants. Il y a des entreprises qui font des bénéfices sur la guerre, (...) donc oui il est indécent de dire que dans un moment où il y a des gens qui meurent, où il y a une crise économique mondiale, où des Français se serrent la ceinture, qu'on ne participe pas tous à l'effort", martèle-t-il.
S'il ne "sait pas" combien d'entreprises sont dans cette situation, il estime que cette loi rapporterait "2 milliards d'euros si la tendance se maintient". Aussi, Olivier Faure l'assure, "c'est une loi totale mais ce n'est pas une loi pour Total".