Un manifestant brandit une pancarte revendiquant une plus forte taxation des riches, lors d’une manifestation à Bruxelles, le 26 novembre 2025. YVES HERMAN / REUTERS

A l’occasion de la journée internationale des travailleurs, l’ONG Oxfam et la Confédération syndicale internationale (CSI) publient, vendredi 1er mai, une étude comparative de l’évolution des rémunérations des dirigeants d’entreprises par rapport à celle des travailleurs, en France et dans le monde.

Selon cette analyse, les patrons des plus grandes sociétés mondiales ont vu leurs salaires augmenter de 11 % en termes réels (corrigé de l’inflation) en 2025, tandis que la rémunération moyenne d’un travailleur n’a augmenté que de 0,5 %. Le rapport explique que « l’analyse porte sur les 1 500 entreprises les plus rémunératrices de 33 pays ayant rapporté la rémunération de leur PDG en 2025 ».

Pour la France, les rémunérations des dirigeants des plus grandes entreprises augmentent 3,3 fois plus vite que celle des salariés en France, selon Oxfam et la CSI, un « fossé grandissant » qui est notamment illustré par l’évolution de la rémunération des directeurs généraux et PDG du CAC 40.

La rémunération de 26 d’entre eux a augmenté de 18 % entre 2024 et 2025, et seules 26 entreprises du CAC 40 ont fourni les données, a précisé Oxfam à l’Agence France-Presse (AFP). Sans surprise, l’étude précise que les revenus des dirigeants comprennent leur rémunération, et, pour l’essentiel, des revenus du capital qu’ils perçoivent sous la forme de dividendes notamment.

Les milliardaires possèdent une richesse équivalente à 17 % du PIB mondial

Près de 80 milliards de dollars (68 milliards d’euros environ) ont été versés à près d’un millier de milliardaires identifiés par la CSI et Oxfam, distribués sous forme de dividendes en 2025, soit 2 500 dollars (soit 2 130 euros environ) par seconde.

Le PDG du géant du luxe LVMH, Bernard Arnault (et sa famille), a empoché les dividendes parmi les plus importants en 2025, avec 3,8 milliards de dollars, selon les auteurs de l’étude. Au niveau mondial, 3 428 milliardaires, des hommes à 86 %, « dominent l’économie mondiale » et possèdent une richesse équivalente à 17 % du PIB mondial, selon cette étude.

La CSI et Oxfam plaident notamment pour une « imposition effective des super-riches » sur les revenus et la richesse pour réduire le niveau des inégalités, peut-on lire.

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