YIMENG SUN
« “D” comme déconnecté, “R” comme brasser de l’air, “H” comme la hache de guerre… » En 2014, la chanteuse Anaïs livre une charge virulente contre les directeurs des ressources humaines (DRH), accusés d’être d’impitoyables bureaucrates. Le texte s’invite jusque dans les amphithéâtres des formations consacrées à ce domaine. « Mes étudiants me l’ont fait écouter », relate Michel Barabel, directeur du master en gestion des ressources humaines à l’IAE Paris-Est à Créteil. Son master est très prisé – en 2025, 900 candidats ont postulé, pour 18 admis. Pourtant, du côté du grand public, la fonction reste méconnue, voire mal aimée.
Apparue en France en 1920, la fonction RH se reconfigure dans les années 1990, « portée par la mondialisation et un renforcement des enjeux de compétitivité », retrace M. Barabel. On passe d’une fonction administrative pure à une profession multifacette. « Paradoxalement, quand le RH ne s’occupait que de l’administratif, il était apprécié, c’était en quelque sorte un colonel strict, mais proche du terrain », note M. Barabel. Aujourd’hui, poursuit-il, la fonction est écartelée dans des demandes contradictoires : « Les salariés considèrent le RH comme le bras armé de la direction. Celle-ci trouve qu’il ne crée pas de valeur. Et les partenaires sociaux l’accusent de ne pas vouloir progresser. »
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