Des policiers qui débarquent à 6 heures du matin, défoncent la porte d’un appartement et tasent leur suspect. Tout ça pour un adolescent de 16 ans, dont le casier est loin d’être vierge certes, mais qui ne se borne qu’à des vols commis sans violence selon son avocat, Me Jacques Bourdais.

Son adresse, chez ses parents en Essonne, est connue de la justice. Et le mineur a toujours répondu aux convocations, comme nous le confirme son conseil, consterné et en colère face à la méthode employée.

Selon lui, cette manière de faire ne doit rien au hasard. En septembre dernier son client et sa mère avaient déposé plainte contre un policier du petit dépôt du tribunal d’Évry-Courcouronnes pour des faits de violences ayant entraîné cinq jours d’incapacité totale de travail.

Une affaire qui remonte à juillet 2024

Le 15 avril, le fonctionnaire a été condamné dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) à 500 euros d’amende, plus 600 euros au titre de la réparation du préjudice moral et 700 euros de remboursement des frais d’avocat de la victime. Une affaire que nous avions relatée.

Fin avril, les policiers ont débarqué à 6 heures du matin et ont enfoncé la porte de cet appartement dans l'Essonne. DR

Pour Me Bourdais, les moyens employés contre cet adolescent n’ont donc rien d’une coïncidence. « C’est une vengeance suite à la condamnation de leur collègue, s’agace-t-il. Mon client n’est pas dangereux, il a toujours déféré aux convocations. Là, il s’agit d’une affaire de vol en réunion de trottinette et de portable remontant à juillet 2024. Ce n’est pas un hasard qu’ils le ressortent maintenant. Ils pouvaient parfaitement le convoquer, il était d’ailleurs au tribunal la semaine précédente. Ou venir le chercher mais en frappant à la porte. La manière dont ça s’est passé relève du grand banditisme, des gens dangereux. Là, il était dans sa chambre en train de dormir. »

Des faits que conteste en partie le directeur départemental de la sécurité publique. « Il n’a pas été tasé », affirme Jean-Marc Luca. Me Bourdais évoque pourtant une marque ayant laissé trois points sur l’épaule de son client. Le certificat médical fait état de douleurs à la palpation au niveau de l’omoplate entraînant une incapacité temporaire d’un jour.

« C’est un multirécidiviste »

« Il n’est pas correct de dire qu’il s’agit d’une vengeance, s’agace le directeur de la police. Nous ne sommes pas un gang. Ce jeune est un multirécidiviste, il insulte tout le monde et peut se montrer violent. C’est un délinquant qui a été interpellé pour un vol avec violences en réunion. Ils ont attrapé un gamin par le poignet et l’ont dépouillé, c’est une infraction assez grave. Et il ne s’est pas arrêté depuis. »

Son avocat maintient qu’il n’est pas poursuivi pour violences. « Ils veulent le pousser à bout pour qu’il les insulte ou pire, estime Jacques Bourdais. C’est la chronique d’une bavure judiciaire annoncée. Tout ça a été géré de manière invraisemblable. Je vais saisir le parquet », assure son conseil.