Un dauphin qui saute et nage à quelques mètres des baigneurs… À Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), ce spectacle fait partie intégrante du quotidien des habitants depuis l’apparition d’une dauphine dans leur baie, en octobre dernier. Mais voilà, depuis, « Pomme », comme elle est surnommée, une jeune femelle ayant entre 5 et 8 ans, est même devenue une attraction incontrôlable, trop gênante.

« Dès qu’elle apparaît, c’est la cohue. Une foule s’agglutine pour la voir et la photographier », raconte Baptiste, témoin du succès du cétacé durant les vacances scolaires. « Mais le pire, c’est dans l’eau… ». Sur les réseaux sociaux, plusieurs locaux ont décrit des scènes dignes d’Aqualand.

Touchée, bloquée pour un selfie…

« Des paddles tout autour d’elle. Des gens la suivent, la traquent. Certains la touchent, s’accrochent à son aileron, la bloquent pour un selfie, d’autres qui plongent pour aller la voir de plus près… Je n’avais jamais vu autant de monde dans l’eau froide », gronde Clémence, qui fréquente la bête peu farouche depuis plusieurs mois.

« On a vu une maman essayer de mettre sa fille sur le dos de l’animal », fulmine de son côté Juliette, une autrice croisée sur la plage. Et d’ajouter : « La dauphine peut venir nager au bord, très près de nous. Mais ce n’est pas une raison pour lui tendre la main ! »

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Pour lutter contre ces comportements excessifs et inconscients, la mairie a apposé des panneaux de sensibilisation sur ses plages rappelant la réglementation : approcher l’animal à moins de 100 m est passible d’une amende. Et ces règles ne sont pas théoriques. Les sanctions commencent à tomber.

« Plusieurs personnes ont été verbalisées dont un jet ski. Le pilote devra d’ailleurs répondre de ses actes devant la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) », indique Pascale Fossecave, adjointe déléguée à l’environnement qui rappelle le long travail mené cet hiver par sa commune.

Impossible de la ramener au large, elle pourrait mourir de stress

« Depuis novembre, on mobilise les services de l’Etat - la Gendarmerie maritime, la DDTM, le Centre d’Appui au Contrôle de l’Environnement Marin (CACEM) et l’Office français de la biodiversité (OFB) - pour les mettre en synergie et qu’ils puissent faire respecter la loi, nos policiers municipaux n’ayant pas le droit de verbaliser ». Résultat : des patrouilles maritimes circulent aujourd’hui à tour de rôle. « Et on va améliorer la coordination entre ces organismes pour les renforcer », ajoute l’élue.

À partir de ce vendredi 1er mai débute également la surveillance des plages. À cela s’ajouteront des messages audios diffusés en quatre langues (français, espagnol, anglais et basque). « Mais nous n’avons pas le droit de manipuler la dauphine et donc de la sortir de la baie. C’est une espèce sauvage, protégée. En la ramenant au large, elle pourrait mourir de stress », précise Pascale Fossecave.