Alors que le mercure a grimpé sensiblement ces derniers jours en France, certains scrutent encore le thermomètre avec inquiétude, à la nuit tombée. En Champagne, les vignerons gardent en effet en mémoire plusieurs épisodes de gel récents. « On a fait des comptages dans toute l’appellation : 38 % des bourgeons ont été détruits par le gel », déplore Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons (SGV) de la Champagne.
Les nuits des 15 et 26 mars, puis du 2 avril, ont causé d’importants dégâts, notamment dans la côte des Bar (Aube) et la vallée de la Marne (ouest de la Marne et sud de l’Aisne). « Il a fait jusqu’à -5 °C dans certains secteurs, avec de la pluie en journée, raconte-t-il. On a encore eu des nuits proches de zéro cette semaine, et les saints de glace n’auront pas lieu avant la mi-mai. » Une période traditionnellement associée à un risque élevé de gel, au moment où les jeunes bourgeons et les pousses tendres sont les plus vulnérables.
Recours à la réserve interprofessionnelle
Et la vigne l’est particulièrement. Le réchauffement climatique n’efface pas ce phénomène. Pire, les hivers plus doux accélèrent même le cycle végétatif et exposent davantage les bourgeons aux gelées tardives.
Pour autant, les conséquences sur la vendange 2026 restent incertaines. « 38 % de gel, ça ne veut pas dire 38 % de rendement en moins, nuance Maxime Toubart. On a la chance d’avoir des cépages qui produisent des contre-bourgeons, comme le pinot noir et le meunier, contrairement au chardonnay. Ce qui est évident, c’est que les prochaines semaines seront compliquées. »
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