Ce sera la plus grande star, par la taille, du Festival de Cannes. L’Orient-Express Corinthian quittera, en fin d’après-midi ce samedi 2 mai, Saint-Nazaire et les Chantiers de l’Atlantique qui l’ont fait naître pour son premier voyage. Direction la Méditerranée et les feux de la croisette pour le paquebot de tous les superlatifs : plus grand voilier du monde avec ses 220 m de long, mais aussi sans doute le plus vertueux en matière d’impact environnemental. La centaine de passagers répartis dans les 52 suites vont voyager dans un luxe peut-être jamais atteint depuis les plus belles heures des navires transatlantiques.

La compagnie Orient express, relancée par Accor en partenariat stratégique avec LVMH – propriétaire du Parisien – Aujourd’hui en France - a voulu réinventer le mythe né sur les rails. « Décliner Orient Express en mer s’inscrit naturellement dans l’imaginaire de cette marque mythique : un voyage fondé sur la découverte, le temps long, l’excellence et l’élégance », assure Sébastien Bazin, PDG d’Accor.

Quelques exemples ? Les cinq restaurants sont supervisés par Yannick Alleno, le chef le plus étoilé au monde, le SPA est signé Guerlain, un majordome est dédié à chaque cabine. On baigne dans une ambiance et une décoration tout droit venue de l’époque des arts déco et des années 1930, loin des codes classiques de la croisière. « Le projet était de faire l’hôtel le plus mobile au monde », souligne Sébastien Bazin.

6 000 euros la nuit pour la cabine la plus « modeste »

Mais au-delà du luxe - il faut compter environ 6 000 euros la nuit pour la cabine la plus « modeste » à 200 000 euros la semaine pour la suite Agatha Christie de 230 m2 – le joyau est aussi au sommet en matière de respect de l’environnement. C’est le premier navire de croisière à être équipé du système de propulsion vélique Solid Sail développé par les Chantiers de l’Atlantique. Les mats qui culminent à plus de 100 m sont pilotables de façon automatisée, orientables à 360 degrés pour atteindre une position optimale et inclinables pour passer sous les grands ponts du monde. Les voiles ne sont pas là pour faire joli.

« Monstre de 15 000 tonnes, il a pu avancer à une vitesse de 12 nœuds, soit la vitesse d’un navire de commerce, avec seulement 20 nœuds de vent, souligne Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de Mer et Marine, spécialiste de la construction navale et de la croisière. Ça signifie qu’avec des conditions favorables la propulsion peut se faire sans moteur ». Même sous de faibles rafales, les voiles permettront au navire de diminuer sa consommation de carburant. Il pourra utiliser du biogaz naturel liquéfié, qui n’émet ni souffre ni particule fine et permet de réduire très drastiquement les émissions carbone.