Le premier ministre suédois, Ulf Kristersson, à Stockholm, le 6 mars 2026. TOM LITTLE/REUTERS

D’origine ouzbèke, Dmitry et Elena Gaffarov ont été embarqués au petit matin, le 20 mars, par plusieurs véhicules de police, sous le regard médusé de leurs voisins. Le couple vit en Suède depuis vingt-deux ans. Elle était employée d’une cantine scolaire à Sundsvall, à 375 kilomètres au nord de Stockholm. Lui travaillait comme mécanicien pour la compagnie locale de transport public. Ni leur relation avec leur fils unique de 21 ans, né en Suède, ni les liens qu’ils y ont établis n’ont affecté la décision des services d’immigration, qui ont décidé, en février, de les renvoyer dans un pays où ils n’avaient pas mis les pieds depuis 2004.

Lycéen d’origine géorgienne, Mate, 17 ans, né en Suède, va devoir partir lui aussi, comme Rabea Allah Wais, 95 ans, arrivée d’Irak il y a vingt ans. Assis dans un café à Stockholm, Manvel Minasyan, Shahrdad Sherbabaki et Paula Hanna disent la « honte » qu’ils ont ressentie le jour où leur permis de séjour n’a pas été renouvelé. Nés en Arménie, en Egypte et en Iran, ils ont entre 21 et 26 ans. Ils ont passé leur adolescence en Suède : « Nous n’avons pas décidé de venir ici, mais maintenant c’est chez nous, et on nous traite comme des criminels. »

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