« C’est pénible, j’ai toujours peur de ralentir trop vite et de provoquer un carambolage » ; « je ne savais pas si l’on voyait un vrai flash, et bien maintenant je le sais » ; « moi j’étais pas au courant que ce n’était plus à 90 km/h, et j’ai été flashé à 73 km/h… sérieusement » ; « je me demande si c’est à cause des tempêtes et du vent qu’ils ont abaissé la limitation de vitesse ? » ; « Tu parles, c’est sans doute pour que l’Etat s’en mette plein les poches »… Parmi les habitants du pays de Brest (Finistère) qui ont l’habitude de régulièrement passer le pont de l’Iroise, les réactions quant à son abaissement de limitation de vitesse ne font pas l’unanimité.
Ce petit pont armoricain façon San Francisco qui relie le secteur de Brest et la commune du Relecq-Kerhuon à celle de Plougastel-Daoulas et initie l’entrée sur la voie express en direction du sud Bretagne.
Les chiffres liés au radar qui attend les automobilistes dans le sens Plougastel-Brest parlent d’eux-mêmes : depuis le mois de février, date à laquelle l’abaissement de limitation de vitesse est passé de 90 km/à 70 km/h, les amendes pour excès de vitesse se sont littéralement envolées. Si l’abaissement de limitation de vitesse est passé officiellement le 12 janvier, le radar n’a pas fonctionné pendant les deux semaines suivantes pour laisser un délai d’adaptation aux automobilistes… Mais voilà, il a flashé de nouveau à compter du 26 janvier.
Contre 177 contraventions pour excès de vitesse en décembre, on est passé à 861 en janvier, puis à 1 807 en février et 1 112 en mars, selon les chiffres fournis par la préfecture. Soit dix fois plus que la moyenne des flashs de ce radar, ainsi que le révélaient récemment nos confrères de Ici Breizh Izel.
Une question d’heure de pointe
« Il semblerait que beaucoup n’étaient pas au courant ; la Diro (Direction interdépartementale des routes ouest) a peut-être raté sa communication, en effet, constate le sous-préfet de Brest, Jean-Philippe Setbon. A l’origine de ce projet d’abaissement de la limitation de vitesse, ce n’est pas un souci de météo - de toute façon, dès qu’il y a une tempête, nous abaissions systématiquement à 70 km/h, voire fermions le pont —, ni de sécurité routière… mais un problème de circulation pure et simple ».
Depuis quelques années, comme il le rappelle, et notamment depuis la période Covid, on remarque de plus en plus de véhicules aux heures de pointe, aux entrées et sorties de Brest. « Chose qu’on ne voyait pas à ce point avant, poursuit-il. L’idée était donc de faire passer dans les deux sens plus de véhicules dans une zone systématiquement bouchée. Cela, combiné avec une expérimentation en cours des feux sur les ronds-points adjacents côté Brest, cela devait permettre d’aérer la circulation entre 7 et 9 heures le matin et 16 et 18 heures le soir ».