Si le carillon de Rouen (Seine-Maritime) n’a pas encore eu les honneurs du cinéma comme celui du beffroi de Bergues (Nord), il n’en fête pas moins les 10 ans de sa restauration ce week-end. Installé dans les années 1920 dans la tour de Beurre de la cathédrale Notre-Dame, l’instrument a déménagé en 2016 de l’autre côté du parvis, dans la tour Saint-Romain où l’attendait la « Jeanne d’Arc », un bourdon de 9,5 tonnes, la plus grosse des 64 cloches qui le compose, soit un total de 36 tonnes de bronze ce qui en fait le carillon le plus lourd de France.

À lire aussi À Rouen, les passants chantent en chœur au son des cloches de la Cathédrale

« Cette rénovation, cette reconstruction même, était indispensable », rappelle Patrice Latour, l’un des deux carillonneurs titulaires. « Entre 2010 et 2015, il était devenu impossible d’en jouer ». Porté par la Drac, le chantier a permis de recréer un espace lumineux, accessible par petits groupes au public tout en haut d’un escalier de 129 marches, à trente mètres du sol. En son cœur la cabine du carillonneur est perchée, et surplombe un autre instrument, d’étude celui-là, pour former de nouveaux musiciens.

Patrice Latour et Vincent Bénard devant la cabine du carillonneur. LP/Laurent Derouet

« Nous avons la chance d’avoir aujourd’hui un instrument exceptionnel, en parfait état. Ce serait dommage de ne pas avoir de nouvelles générations capables d’en jouer », insiste son collègue, Vincent Bénard.

Rendez-vous samedi à 11h30

Le regard pétillant, ce dernier insiste sur le caractère populaire du carillon, « qui joue pour ce que j’appelle les 1 000 oreilles, tous ces gens en bas qui peuvent en profiter ». Gratuitement et sans réservation au moins chaque samedi de 11 h 30 à midi. Et à l’issue des visites de groupe, soit une bonne centaine de fois par an. Avec un répertoire qui va du classique aux tubes de la chanson française et internationale, voire des musiques tirées de l’univers des jeux vidéo.

Et en prime, un samedi par mois, les voix des passants réunis par « Chantons sous les cloches », une idée lancée en 2023 où chacun est invité à reprendre quatre chansons à l’unisson avec le carillon, guidé par la chanteuse Amélie Affagard. Ce sera d’ailleurs le cas ce samedi 2 mai, dès 11 h 30 dans les jardins de la somptueuse cour d’Albane.